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Amelia Andersdotter

L’Organisation mondiale de la prétention intellectuelle

L’Assemblée générale de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a décidé de retarder à 2013 l’examen de l’admission du Parti pirate international comme membre observateur. Hier, durant les délibérations entre les états-membres de l’OMPI, qui sont tous aussi membres de l’Organisation des Nations Unies, certains désapprouvaient la possibilité de laisser des partis politiques devenir membres observateurs.

Être membre observateur à l’OMPI signifie que l’on peut écouter et suivre les réunions et discussions, mais que l’on ne peut pas voter et que nous ne pouvons parler que si on nous le permet.

Cette décision nous tracasse. L’association américaine à but non lucratif Knowlegde Economy signale que les États-Unis, en particulier, ont demandé à «laisser en suspens la décision d’accepter ou non des partis politiques comme membres observateurs». Quelques états membres de l’Union Européenne, au premier rang desquels la France, s’inquiéteraient de ce que «les Partis Pirates “agiraient politiquement” dans leurs propres pays s’ils étaient en désaccord avec les positions prises par les délégués officiels de l’OMPI.»

Il faut mentionner dans ce contexte que, plus tôt cet été, le directeur général de l’OMPI, Francis Gurry, a déclaré

«L’innovation comme phénomène économique et social est trop importante pour être sur-politisée».

Qu’est-ce qu’il peut bien vouloir dire ? Je suis une parlementaire élue dans un parlement supra-national et, tous les jours, nous parlons sans cesse d’innovation, de croissance et d’emploi. Il est difficile d’imaginer un environnement plus politisé que le mien. Si M. Gurry veut dire que la propriété intellectuelle ne doit pas être soumise au débat public et à des votes démocratiques, il aurait besoin d’une justification plus conséquente que parler d’un vague «phénomène social» qui doit être en dehors du contrôle de la société.

En fait, M. Gurry lui-même reconnaît que

«derrière la loi et l’infrastructure, nous avons une culture, et Internet, comme nous le savons, a développé sa propre culture, qui a vu un parti politique, le Parti Pirate, émerger pour contester les élections au nom de l’abolition ou d’une réforme radicale de la propriété intellectuelle, et du copyright (NdT : des droits patrimoniaux du droit d’auteur), en particulier. […] Le sentiment de dégoût ou d’irrespect pour la propriété intellectuelle sur Internet que ce parti véhicule est largement répandu.»

Autrement dit, à l’OMPI, ils sont au courant de ce que les enjeux de droit d’auteur, de droit de copie et de droit patrimoniaux, de droits sur les marques et les brevets sont devenus rapidement des sujets très politisés, très présents dans le débat public, et que le nombre de personnes qui ne se sentent pas lésées d’une manière ou d’une autre par le cadre juridique actuel est en chute libre. Mais la méthodologie de M. Gurry pour résoudre ce problème est de faire signer des accords favorables aux boîtes de productions (et pas aux acteurs), comme à Pékin en juin dernier, et de considérer «assez normal» le sentiment anti-propriété intellectuelle, de sorte qu’il faille plutôt gagner nos cœurs que réformer son système.

En résumé, pour résoudre les questions fondamentales posées par nos outils de communication modernes, il semble suggérer que notre choix est de payer et de se taire. Il doit avoir un grain.

Il est aussi effrayant que les gouvernements européens semblent inquiets à l’idée d’être tenus responsables de leurs votes dans leurs pays d’origine. Les représentants européens sont par définition envoyés par les gouvernements des pays européens pour représenter la position de leur gouvernement !

Mon propre gouvernement, qui a déclaré sans hésitation à la presse suédoise qu’il défendait un traité favorisant l’accès des aveugles et handicapés visuels aux livres numériques, n’a pas autant communiqué au reste de l’Assemblée à l’OMPI qu’il l’a fait à domicile. Est-ce qu’il pensent que le reste des délégués de l’OMPI lit les journaux suédois ou est-ce qu’ils manquent de courage pour défendre leur position ?

Finalement, refuser d’accueillir des observateurs et d’être tenu responsable de positions largement impopulaires, est-ce que ce n’est pas précisément politiser le débat, en sortant de la neutralité d’une plateforme de discussion ? Je pense que le Parti Pirate, et son organe international le PPI, ne ressemble pas aux autres partis : nous ne sommes pas une autoroute vers le fonctionnariat. Nous sommes exactement ce qu’un parti proprement politique devrait être : un pont entre les débats que les gens ont et les institutions qui peuvent y répondre. Il est temps de politiser l’OMPI.

La prise de position originale d’Amelia Andersdotter

Amelia Andersdotter est eurodéputé du Parti Pirate Suédois.

Voir aussi la prise de position du Parti Pirate International et le compte-rendu des positions des différents pays par Ipwatch.

Capture d'écran de la dernière version du logiciel Liquid Feedback

De l’utilisation en interne de la démocratie liquide publique dans le Parti Pirate

Sur la liste des Pirates Européens aujourd’hui, ça discutait sec autour de l’utilisation/utilité de liquid feedback, un logiciel de démocratie liquide. Je dois dire que la démocratie liquide est ce qui me plaisait le plus dans le Piratenpartei allemand, et que de me retrouver, au sein du Parti Pirate français dans un système où il n’y a pas de démocratie liquide et permanente, non plus de démocratie directe, mais seulement une élection par an, ça ne m’a jamais enthousiasmé qu’à moitié. Un vote et basta pour la légitimité, c’est justement ce que je reproche à notre système politique trop souvent.

Pour la démocratie liquide comme accélérateur de démocratie

Comme l’a dit Nicolas sur la liste nationale :

Il suffit qu’une dizaine de personnes aient eu le temps et les coudées franches pour agir, et c’est réglé. Nous, tout ce qu’on fait doit passer par 4 personnes qui ont plein d’autres trucs à faire, forcément, ça va moins vite.

Il parlait d’Aube dorée en Grèce. Bon, évidemment, ce ne sont pas ceux que nous voulons imiter au Parti Pirate. Mais le problème de la centralisation des décisions reste pour moi un souci majeur.

La démocratie liquide doit justement permettre d’améliorer l’absence de participation aux décisions des membres. Or, actuellement, dans notre parti, où la seule légitimité qui existe est plus ou moins celle de ceux qui font, mais surtout celle des élus, et ce à juste titre en l’absence de procédure de légitimation alternative, le résultat est que la démocratie liquide est inexistante au Parti Pirate.

Capture d'écran de la dernière version du logiciel Liquid Feedback

Capture d’écran de la dernière version du logiciel Liquid Feedback. Cliquez sur l’image pour voir d’autres captures.

Un essai d’installation de Liquid Feedback a déjà eu lieu, grâce entre autres à Drenskin, mais pour les raisons données par crl, il n’a pas eu de succès.

C’est à mon avis un souci.

Démocratie liquide et engagement politique

La démocratie liquide est cette belle idée selon laquelle soit je vote en mon nom, soit je m’abstiens et soutiens alors la décision des autres quelle qu’elle soit, soit je délègue mon vote à quelqu’un d’autre à qui je fais confiance. Démocratie directe à tout instant, et représentative seulement lorsque je ne peux pas m’occuper de tout.

Comme je le répète sans cesse : les gens ne s’investissent pas ou peu s’ils ne pensent pas avoir la chance de faire avancer leurs idées ou leurs projets. Et dans un système représentatif amélioré comme le nôtre, mais pas liquide, le fait de ne pas pouvoir faire voter les membres à n’importe quel moment, avec valeur contraignante, pour que ceux-ci voient réellement si leurs idées sont retenues ou pas, et de devoir passer par les deux conseils pour faire adopter une idée au lieu de voter directement dessus, est un frein redoutable à la participation, ainsi qu’au règlement des conflits.

Trancher les conflits

Concernant le règlement des conflits : au Parti Pirate, on passe des heures à préparer des propositions pour la prochaine assemblée sans avoir la moindre idée du poids que les opinions des uns et des autres ont, et ça a comme résultat les torrents de mails ou de posts de forums plus ou moins bien argumentés où personne ne sait ce que pense le reste du groupe, et où, en l’absence d’opinion générale, certains défendent jusqu’au bout leur point de vue tandis que d’autres sont dégoutés. Il me semble que le plus souvent, un vote aurait suffi à départager les opinions, et permettrait de faire avancer le parti vers plus de consensus. Pour l’instant, les consensus ne sont possibles qu’une seule fois par an.

C’est dans cette optique que j’avais proposé d’utiliser un système à la LinuxFR où les commentaires et les posts des autres sont notés et hiérarchisés. Certes, ça ouvre la porte au moinssage sauvage, mais ça permet aussi de filtrer
les trolls. Le seul problème, c’est que dans LinuxFR, les votes ne sont pas publics, et qu’il n’y a pas d’identification stricte.

De la nécessité du vote public (au moins en interne) si électronique

À mon avis, si nous votons électroniquement, il faut que les votes soient publics. Le vote électronique et secret ne sera accepté par personne au Parti Pirate, moi en premier, pour cause de possibilité de fraude. Donc chacun devrait voter sous son nom/pseudonymement, avec un identifiant unique par adhérent. Des rapports que j’ai sur la liste des Pirates Européens, ça fonctionne à Berlin et en Italie, et sans doute ailleurs.

Les défenseurs de cette idée y verront une preuve de transparence. Les opposants y verront la porte ouverte aux menaces en tout genre sur les individus pour influencer leur vote. En l’occurrence, il me semble que les pressions sur les membres du Parti Pirate sont assez négligeables pour l’instant en France. En revanche, si chacun joue au député à l’intérieur d’un parti, chacun peut considérer qu’il est logique qu’il soit tenu pour responsable de son vote.

L’idée de base, réellement, est d’accélerer et de démocratiser les processus de décision à l’intérieur du Parti Pirate, qui ne réussit toujours pas à trouver de souffle malgré l’arrivée de nombreux nouveaux adhérents, de ce que je ressens. Et à mon sens principalement parce que ces nouveaux adhérents ne peuvent décider de rien : ils ne sont ni anciens et actifs depuis longtemps donc reconnus, ni élus. Or chacun devrait pouvoir proposer son propre texte à faire voter par tous quand il le veut. Sinon à quoi sert Internet ?

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Un possible logo pour le parti pirate européen

Appel pour l’Europe du Parti Pirate allemand

Nous, membres du Parti Pirate Allemand, sommes bien conscients de l’importance de l’unité européenne pour la paix, la liberté, la prospérité et la primauté du droit sur ce continent. Nous reconnaissons que ces acquis ne vont pas de soi et doivent être constamment défendus et réaffirmés par les citoyens européens.

Dans ce contexte, c’est avec beaucoup d’inquiétude que nous assistons à la crise de l’euro, à l’accroissement constant des déficits budgétaires, et aux difficultés des institutions européennes à maintenir la stabilité politique, économique et la cohésion sociale. Ces problèmes ébranlent jusqu’aux fondements de l’idée européenne.

Parallèlement, des pans de souveraineté nationale sont toujours davantage transférées à l’Union Européenne, qui n’offre pour l’heure à ses citoyens qu’un contrôle démocratique insuffisant. Elle échoue ainsi à recueillir le soutien d’une large partie de la population. La stabilité des démocraties et l’unification de l’Europe sont insidieusement menacées, alors même que ce sont des acquis culturels essentiels.

En tant que membres d’un mouvement politique transnational, dont les canaux de communication ne connaissent aucune frontière, il nous incombe tout particulièrement d’assurer la pérennité de l’idée européenne et de la faire progresser eu égard aux différences culturelles de chaque nation. Cependant nous ne voulons ni ne pouvons le faire seuls.

C’est pourquoi nous appellons tous les pirates et partis pirates d’Europe, plus largement tous les partis, et particulièrement chaque citoyen européen à s’engager avec force et conviction dans un débat sur l’avenir des institutions européennes. Pour un État de droit européen, plaçant le citoyen au cœur de ses préoccupations, pour une Europe des citoyens et des régions, fondée sur une constitution commune.

De nombreux enjeux se présentent à nous aujourd’hui : l’utilisation durable des ressources de la planète, la cohésion et la justice sociale, la mise en place de politiques fiscales et financières, de régulations du numérique et des réseaux. Ceux-ci ne pouvant être plus être uniquement envisagés à l’échelle des États, nous appelons les Partis pirates de tous les pays à créer et développer sans plus attendre les structures nécessaires à l’élaboration et à la validation, avec la plus large participation de leurs membres, de positions politiques supranationales communes.

Article traduit avec les équipes de traduction du Parti Pirate, en particulier @ClemenceeArsene, Gilles Bordelais et moi ;).
Pour l’image. Lire l’appel original et traduit en d’autres langues.

Tous les hippies par la porte de derrière, sans exception.

Le principe pirate essentiel : la neutralité

Le Parti Pirate est entré de manière retentissante au Parlement de Berlin. Les journalistes et les politiques se retrouvent face à une énigme. Leurs hypothèses retentissent des termes «parti de protestation», «nouveaux libéraux» et «parti monomaniaque». Ils n’essayent pas de comprendre les Pirates, mais de les caser dans les bons tiroirs. Personne ne semble prendre au sérieux que les pirates aient leur propre orientation politique.

En quoi est-ce que les Pirates sont monomaniaques, s’il vous plaît ? La Politique du Netz arrivait à peine en première position dans le programme des Berlinois. À part leur volonté de couvrir toute la ville en wifi, il n’y avait pas grande chose. Pourquoi donc ? La Politique du Netz n’est pas vraiment une affaire régionale.

Le reste du programme est aussi très dur à classifier. Est-ce que les libéraux du FDP étaient pour la dépénalisation du cannabis, la gratuité des transports en commun et contre les frais de scolarité ? Est-ce qu’un accès plus facile à l’éducation et une séparation plus marquée de l’État et de l’Église sont des thèmes qu’on peut vraiment assimiler à ceux d’un parti protestataire monomaniaque ?

Les autres thèmes abordés par les Pirates résonnent comme une accumulation arbitraire d’exigences bien-pensantes : Plus de transparence pour la politique, le revenu de base, le droit de vote pour les étrangers, etc… Mais l’apparence est trompeuse. Derrière toutes ces exigences se cache un système que l’on reconnaît quand on a été socialisé sur Internet et intériorisé les exigences de la Politique du Netz. Pour comprendre les Pirates, il faut comprendre la Politique du Netz.

Tous les hippies par la porte de derrière, sans exception.

Tous les hippies par la porte de derrière, sans exception.

Ce qui est paradigmatique pour la Politique du Netz s’est avéré être l’exigence de la «Neutralité du Net» : Quelques gros Fournisseurs d’accès à Internet veulent pousser Internet dans une direction contraire aux propriétés fondamentales du réseau. Ils voudraient traiter différentiellement les données des différents services. Ainsi, les données de Google seraient plus vite acheminées que celles de Microsoft. Ou inversement. Selon le prix payé. Puisque les fournisseurs d’accès sont les goulots d’étranglement entre les clients et les fournisseurs de services en ligne, ils peuvent faire payer leur prioritisation des trafics deux fois.

Cela fait longtemps que le Parti Pirate combat avec les activistes du Net contre ces dérives et exige une transmission neutre des données par les fournisseurs d’accès à Internet, soit la «Neutralité du Net».

Lorsque l’on regarde les exigences du Parti Pirate berlinois, on peut constater que les mêmes concepts sont à l’œuvre: les infrastructures qui permettent aux gens que participer et de circuler doivent être renforcées et construites de telles sortes qu’elles n’excluent personne.

  • La gratuité des transports en commun est l’acheminement neutre des personnes, quelque soit leur revenu.
  • La gratuité de la scolarité suit le même raisonnement.
  • Il en va de même pour le droit de vote pour les étrangers.
  • Le revenu de base universel est une infrastructure neutre pour permettre la participation économique à la société.
  • La séparation totale de l’Église et de l’État est aussi une exigence de neutralité. Pourquoi est-ce que l’État privilégierait les catholiques sur les musulmans ou les agnostiques.

Tout cela est donc relativement simple : Les Pirates perçoivent les institutions comme une plateforme qui permet la participation. Et ils veulent que tout un chacun puisse participer, sans discrimination, parce qu’ils ont appris les bienfaits d’une telle participation ouverte sur Internet. Ce n’est que comme cela que les idées et le savoir peuvent être librement diffusés.

La neutralité de la plate-forme est donc le concept abstrait derrière toutes les exigences des Pirates, parce que ce concept est fermement ancré dans l’expérience de chaque internaute. La neutralité de la plateforme est un concept aussi important pour les pirates que la «durabilité» le fut pour les Verts. C’est une exigence purement politique qui sert d’outil de mesure à toutes les solutions proposées dans d’autres domaines très différents du Netz. Celui qui veut comprendre les Pirates ne doit donc pas se réduire à la Politique du Netz mais doit la comprendre. C’est pourquoi les Pirates sont tout à fait différents des libéraux classiques et ne sont pas un «parti monomaniaque». Les pirates ont leur propre pensée politique qui se nourrit de leur expérience du Netz et est effective. Le plus intéressant sera de voir comment ce concept rejaillira dans la Politique.

Ce billet a été pour la première fois publié en octobre 2011 en allemand par Michael Seemann

Un possible logo pour le parti pirate européen

Was sollte eine europäische Piratenpartei sein ?

Zuerst, grazie mille Venanzio Basso für seine großartige Übersetzung ! Natürlich sind alle Fehler meine Schuld :) Hier en français und in English. Um in anderen Sprachen zu übersetzen, geht es bitte hier weiter :)

Ich schlage vor, die Rollen aufzuteilen: ein Unterhaus, aus Einzelpersonen bestehend, ein Oberhaus aus Vertretern der örtlichen Parteien und einer Führungskraft, dass durch das Unterhaus gewählt und durch das Oberhaus genehmigt ist. Nachfolgend, Begründung und Erklärungen der Umsetzung.

    1. Arbeitsteilung
      1. Die Arbeitsteilung zwischen den Kammern
      2. Die Arbeitsverteilung in den Kammern
    2. Entscheidungsmodus
      1. Der demografische Faktor
      2. Einschätzung und Klassifizierung der Piratenaktivität
    3. Warum nicht anders handeln ?
      1. Ziele einer europäischen Piratenpartei
      2. Zusammenarbeit, Mitarbeit, Gegenseiter Austausch
      3. Innovation
      4. Gleichgewicht der Kräfte
      5. Transparenz und Beteiligung
      6. Über nationale Minderheiten
      7. Nationalismus
    4. Wie sähe dies in der Praxis aus?

Arbeitsteilung

Die Arbeitsteilung zwischen den Kammern

Das Unterhaus würde als Aufgabe haben, Programme zu erörtern, über diese abzustimmen und und den Vorstand zu wählen.

Der Vorstand wäre verantwortlich um die Diskussionen des Unterhauses zu moderieren, die Piratenpartei zu vertreten und sowohl die Abgeordneten als auch die Presse über die Positionen der Piratenpartei zu verschiedenen Themen auf dem Laufenden zu halten.

Das Oberhaus wäre dafür verantwortlich, zwischen der unteren Kammer der europäischen Piratenpartei und den lokalen Parteien zu kommunizieren.

Mit anderen Worten, die Hauptrolle des Unterhauses würde die Entscheidung sein, die des Oberhauses die Synchronisation zwischen Ländern und Regionen, und die der Exekutive, die Darstellung.

Die Arbeitsverteilung in den Kammern

Innerhalb der beiden Häuser muss es möglich sein, spezifische Arbeitsgruppen zu bilden, die die Umsetzung der Aufgaben beschleunigt.

Daher sollten Fachausschüsse geschaffen werden, an der jedes Mitglied freiwillig teilnehmen kann. Diese Fachausschüsse arbeiten Vorschläge aus, erstellen eine Argumentationsliste die für oder gegen die eingereichten Vorschläge spricht, und geben eine Wahlempfehlung ab.

Um solche Ausschüsse so reibungslos wie möglich zu organisieren, erscheint mir das deutsche System Liquide Demokratie am besten geeignet, zumindest für die Verwaltung des Unterhauses.

Um die Kommunikation zwischen lokalen und europäischen Abgeordneten zu erleichtern, muss der Vorstand für das Erstellen von wöchentlichen Berichten, bezüglich der neuesten Vorschläge und aktuellsten Neuigkeiten der beiden Kammern verantwortlich sein. Diese öffentlichen Berichte sind in erster Linie  für die Abgeordneten bestimmt, müssten aber ebenso Mitgliedern und Journalisten zur Verfügung stehen, um eine Orientierung in die Parteiaktivität haben.

Entscheidungsmodus

Der demographische Faktor

Die Mitglieder des Oberhauses vertreten (allein oder mit anderen) ihr Land. Da, gemessen an ihrer Bevölkerungszahl, nicht  alle Länder gleich sind, wird es notwendig sein, eine Gewichtung zu etablieren, die diesen Kriterien folgt.

Der Standard Umfang wäre:
Jedes Land hat mindestens eine Stimme, und ansonsten so viele Stimmen wie es Bewohner im Verhältnis zu seinem Land hat.

So müsste Deutschland 82/500 = 16,3 oder 16,3 Stimmen haben und Malta eine Stimme.

Eine andere Lösung wäre ein jagiellonian’scher Kompromiss, wie unten dargestellt :

Jagiellonian'scher Kompromiss

Jagiellonian'scher Kompromiss

Hier auf Französisch und hier auf Englisch (pdf) finden Sie die Erklärungen.

Einschätzung und Klassifizierung der Piratenaktivität

Diese Standard-Skala sollte anschaulich durch eine zweite Skala gewichtet werden, welche die Anzahl der Mitglieder der Piratenpartei des jeweiligen Landes im Verhältnis zur Bevölkerung ausgleicht.

Allerdings würde diese zweite Skala keinen Bezug mit der vorherigen Skala haben und daher wären die Maßstäbe völlig willkürlich.

So könnte man entscheiden, dass das «piratigste» Land 27 Stimmen mehr hätte, und das am wenigsten « piratigste » nur eine Stimme mehr. Die Zahl von 27 ist unter Bezugnahme auf die Anzahl der Mitgliedstaaten angegeben, aber de facto  willkürlich. Wie wäre es mit einer Skala von 0 bis 100 ? Und was ist mit seiner Vereinbarkeit mit der vorherigen Skala?

Man könnte auch beschließen, dass das «piratigste» Land 10 Stimmen mehr hätte, und das am wenigsten « piratigste » 10 Stimmen weniger, natürlich mit allen dazwischenliegenden Ländern, die einen dazwischenliegenden Bonus-Malus sammeln. Aber ebenso gilt, warum dann nicht  ±20 ?

Wie man sieht, erfordert die Indexierung der Gewichtung der Stimmen der nationalen Parteien über ihre Aktivitäten einen zweiten Maßstab für die Platzierung, das willkürlich und kein gemeinsamer Maßstab zur vorherigen Skala wäre. Also gäbe es kaum eine Übereinstimmung.

Daher erscheint es sinnvoll, die Gewichtung der lokalen Piratenparteien auf nichts anderes zu indizieren (stützen), als auf die Größe ihrer Bevölkerung.

Dies ist ein Problem, weil zum Beispiel Frankreich dessen Gewichtung, durch seine Piratenaktivität 12,3 Stimmen ist, nicht rechtfertigen würde.

Aber solange dieses Problem durch einen Mangel an Gewichtung der Stimmen je nach Nationalität im Unterhaus ausgeglichen ist, ist es annehmbar.

Dies würde bedeuten, dass die Rolle des Oberhauses die wäre, neben der Zusammenarbeit, die Einhaltung der nationalen Interessen zu gewährleisten, während das Unterhaus ein «rein europäischer» Raum wäre, welcher der individuellen Zusammenarbeit gewidmet sein sollte.

Warum nicht anders handeln ?

Ziele einer europäischen Piratenpartei

Einigkeit macht stark, und die Einheit ist ohne Kompromisse nicht zu erreichen. Zudem gilt, je größer die Einheit ist, desto mächtiger ist sie.

Das hat zwei Konsequenzen:

  • Das europäische Interesse weltweit ist es, seine Einheit zu stärken.
  • Das Interesse der Piraten ist es, sich  auf europäischer Ebene fest zu vereinen.

Um die EU und die Zusammenarbeit zwischen den Parteien zu stärken, muss man jene Institution fördern, die Kompromisse zu bevorzugen, und zwar typischerweise jene, in der die Wahl an sich, die der Mehrheit ist.

Die Europäische Union hat dies bereits verstanden, da ein Großteil der Entscheidungen mit Stimmenmehrheit gefasst wird und nicht einstimmig.

Dadurch haben die Separatisten weiterhin das Recht der Separation, sind aber in der Minderheit.

Ein solche Zielsetzung hat durchaus nichts mit Gefallsucht zu tun.

Auf globaler Ebene sah man während der Entwicklung des Europäischen Stabilitätsmechanismus, wie viel in Bezug auf die Schnelligkeit der Entscheidungsfindung erforderlich sein könnte, um Entscheidungen aufgrund einer Mehrheit zu treffen anstelle der Einstimmigkeit, und das ausschließlich unter Berücksichtigung des rein institutionellen Problems, und nicht des durchaus fragwürdigen Inhalts des Vertrages.

Auf europäischer Ebene, also in den meisten europäischen Ländern, fällt die gesetzgebende Gewalt, Europa oder zugleich Europa und den Mitgliedsländern für eine Vielzahl von Bereichen zu. Wenn sich die Piraten nicht auf ein entschiedenes Handeln auf europäischer Ebene einigen, bleiben sie eine folkloristische Protestbewegung aus einigen abgelegenen Provinzen der Union, sei es nun Schweden, Frankreich, Katalonien oder Polen.

Um zum Beispiel gegen die rechtswidrige Verwendung von personenbezogenen Daten durch Google zu kämpfen, ist es erforderlich auf europäischer Ebene zu handeln, so dass getroffene Maßnahmen, einen solchen Einfluß haben, dass diese in der Lage wären, den amerikanischen Riesen in die Knie zu zwingen.

Ein weiteres Bespiel: Unter einem mehr sozialen Aspekt täte Europa gut daran, Druck auf seine Mitgliedsstaaten auszuüben, um die Sozialpolitik von oben herab zu harmonisieren, um damit ein Sozialdumbing innerhalb der Union selbst zu verhindern.

Zusammenfassend ist festzustellen, dass wenn die Piraten selbst, in ihrer nationalen Politik wirksam sein und ein wahres demokratisches Projekt für Europa verteidigen wollen, ist eine verstärkte Zusammenarbeit bzw. die Mitarbeit der Piraten notwendig.

Dieses kann sich, wie nachstehend erläutert, nicht mit einigen Treffen von Delegierten begnügen, sondern erfordert aus Gründen der Effizienz, der Transparenz, der Innovation, dem Ausgleich der Kräfte, der Ablehnung des Nationalismus, und die Achtung von Minderheiten, um auf demokratische Weise eine echte europäische Partei lebendig zu gestalten.

Kooperation, Zusammenarbeit, Gegenseiter Austausch !

Ich habe eben erwähnt, dass es mir wichtig erscheint, dass die europäischen Piraten sich ausdrücklich vereinen und zusammenstehen. Diese Formel ist bewußt vage gewählt.

Die europäische Piratenpartei kann sowohl der Zusammenarbeit zwischen den nationalen Piraten dienen, als auch der Mitarbeit der europäischen Piraten, welches zwei verwandte, dennoch unterschiedliche Dinge sind.

Ein mögliches Logo für die europäische Piratenpartei

Ein mögliches Logo für die europäische Piratenpartei

Es scheint mir, dass das Interesse der nationalen oder regionalen Piratenparteien nicht daraus besteht, ohne die Zusammenarbeit mit anderen europäischen Parteien, zunächst ihr eigenes Programm zu entwickeln, um dann nur im Einzefall zusammenzuarbeiten, und zu vergleichen was sie mit anderen europäischen Piratenparteien gemeinsam haben, um dann ein europäisches Programm zu erstellen, dass sich mit dem kleinsten gemeinsamen Nenner begnügt. Denn das genau ist es, was momentan passieren kann, allein – das Klügste ist es sicherlich nicht.

Ganz im Gegenteil, die nationalen Piratenparteien sind gut beraten, beim Verfassen ihr eigenes Programms, wann immer möglich, zusammenzuarbeiten, d.h. zusammenzuarbeiten um auf den größten gemeinsamen Nenner zu kommen.

Die Bündelung der Anstrengungen hat mehrere Vorteile:

  • Sie bietet jegliche Möglichkeit, die Qualität aller Programme zu verbessern, denn es ist zu hoffen, dass der transnationale Austausch allen zugute kommt.
  • Es erlaubt den nationalen Piratenparteien auf europäischer Ebene effektiver zu sein, was durchaus in ihrem eigenen Interesse wäre.
  • Es erlaubt die Bündelung der Anstrengungen aller, anstatt 27 Mal die gleiche Energie zu verschwenden.

Neben der Zusammenarbeit der Parteien, und wäre es nur zum Zwecke der Effizienz, muss man mitarbeiten. Und es muss klar sein, das Parteien besser zuammenarbeiten, als die einzelnen Mitglieder zusammenarbeiten. Die europäische Piratenpartei wird der Ort par excellence einer solchen Zusammenarbeit sein.

Dies würde die nationalen oder regionalen Piratenparteien in keinster Weise daran hindern, über ihr ganzes oder Teile ihres Programms zu entscheiden und auch nicht dem europäischen Programm zu folgen. Sie sind Herr im eigenen Haus und eine Trennung ist jederzeit möglich.

Aber wenn die nationalen Piratenparteien ihren eigenen Interessen folgen, ist dies nicht das Erste was sie tun werden.

Innovation

Die individuelle Teilnahme zu verhindern, hieße Innovationen und Dynamik zu beeinträchtigen, die jedoch alle politischen Parteien zu ihrer Existenz benötigen. Es ist für niemand ein Geheimnis, dass führende Pioniere Individuen sind und nicht die etablierten Institutionen sind, da diese vielmehr ein daran Interesse haben, dass, um ihr Monopol zu wahren, sich nichts verändert.

Dieses Prinzip gilt sowohl in der Politik als auch in der Wirtschaft und die glühende Verteidigung der individuellen Freiheiten und ihren Kampf gegen die Topkonzerne der Musikbranche, seitens der Piraten aus allen Ländern, läßt mich glauben, dass diese Piraten bereits mit diesem Prinzip vertraut sind.

Transparenz und Beteiligung

Menschen an der direkter Teilnahme zu hindern, da die europäische Piratenpartei nur ein Zusammenschluss von nationalen oder regionalen Parteien sein sollte, wie es manchmal auf den Mailinglisten der PP-EU verteidigt wird, würde zu fehlender Transparenz und Mangel an Beteiligung führen. Ich habe diesen Punkt bereits an anderer Stelle ausgeführt.

Allerdings kann von der europäischen Piratenpartei erwartet werden, dass sie  europäische Projekte entwickelt und verteidigt, was alles andere als unwichtig ist.  Ein Mangel an Demokratie wäre demnach nicht als einzutufen.

Gleichgewicht der Kräfte

In einem früheren Artikel, hier ins Französische übersetzt und auch auf English verfügbar, definiert Mattias Bjärnemalm vier Gruppen, die an der Schaffung einer PP-EU interessiert sind. Diese sind die nationalen/regionalen Parteien, die einzelnen Piraten, die Euro-Abgeordneten und die nationalen/regionalen Abgeordneten.

Jede Gruppe hat ihre Interessen, und diese müssen auch erhalten bleiben. Genau das erwägt man beim dem Versuch, die Zusammenarbeit vieler auf europäischer Ebene zu begünstigen.

Über europäische Mehrheiten nationaler Minderheiten

Es ist möglich, und es wäre auch normal sein, dass die Vertreter der nationalen Parteien in ihrem Stolz feststecken: Vertreten denn nicht sie in den meisten Fällen als rechtmäßig, gewählte Delegierte ihre eigene Partei?

Doch das ist hier nicht die Frage. Es ist selbstverständlich, dass die, von ihren Parteien gewählten Delegierten, legitim sind.

Das bedeutet aber auch, dass sie nicht alle Entwicklungen ihrer Partei repräsentieren. Es ist nämlich durchaus möglich, dass nationale Minderheiten in Frankreich und Polen, mit nationalen Mehrheiten in Italien, Deutschland, England und Spanien übereinstimmen.

Soll man auch deshalb die nationalen Minderheiten vernachlässsigen und diese dazu zwingen geschlossen aus der Partei auszutreten?

Das wäre dieser Piratenminderheit gegenüber selbstverständlich unfair. Nur diejenigen, nämlich die Mehrheit, die nicht mit dem restlichen Europa übereinstimmen, sollten dies tun und die nationale Minderheit, die Teil einer europäischen Mehrheit ist, sollte in der Lage sein mit den anderen zusammenarbeiten.

Allerdings ermöglicht nur eine europäische Piratenpartei, die gegenüber Individuen offen ist, dass solche Teile der nationalen Minderheiten zusammen mit anderen eine Stimme haben.

Umgekehrt wäre es ebenso ungerecht, dass eine Tagung der europäischen Piraten Wahlentscheidungen trifft, die dann von einer Mehrheit der nationalen Minderheiten abgelehnt würde. Deshalb ist es auch wichtig, dass das Oberhaus über ein Vetorecht gegenüber dem Unterhaus verfügt.

Nationalismus

Eine einfache Tagung der Vertreter würde zu nichts führen, da

  • kein Abstimmungsverfahren dem einen oder dem anderen legitim erschiene
  • diese die Verteidung der Interessen seiner einzelnen und eigenen Nation begünstigen würde, insbesondere die des Nationalismus

Wir haben gesehen, dass die Frage zur Verteilung der Stimmen heikel ist, da im gegenwärtigen Zustand der europäischen Piraten, die Gewichtung der nationalen Abstimmungen über die Bevölkerungsgröße nicht völlig gerechtfertigt ist, da eine Abschätzung dieser Größenordung zu willkürlichen Bewertungen führt.

Eine andere Lösung wäre « ein Land, eine Stimme ». Mit anderen Worten, jeder hat ein Veto gegen alles und jeden.

In diesem Fall würde eine Lähmung der europäischen Piratenparteien stattfinden, die zum Zusammenbruch der europäischen Piratenpartei führen würde, und daraus resultierend, deren einzelne Gruppen. Das europäische Programm würde dann von allen Parteien auf den kleinsten gemeinsamen Nenner gebracht, dass natürlich dann zu einem Nichts innerhalb einer vielfältigen, europäischen Union tendieren würde.

Nicht, dass die europäischen Piraten nichts gemeinsam hätten. Im Gegenteil, sie alle verteidigen die Transparenz des politischen Lebens, der Freiheit des Internets, den Kampf gegen Monoplole. Aber sobald es jedoch in die Details geht, oder die Gründerthemen der Piratenpartei hervorholt werden, ist das Beharren auf bereits entwickelte, nationale Positionen eben eine schlechte Wahl, wenn es nämlich die Möglichkeit gibt, auf europäischer Ebene eine Mehrheit zu finden.

Das ist natürlich eine rationale Entscheidung, und als solche zu respektieren, aber meiner Meinung nach anti-europäisch.

Daher ist es auch nicht weiter verwunderlich, das auf den Mailinglisten der PP-EU, es meist die Engländer sind, die den einstimmigen Beschluß zu verteidigen suchen, da die Engländer nicht wirklich Teil von Europa oder von Amerika sind, und deshalb eifersüchtig über ihre (derzeit) illusorische Unabhängigkeit wachen. Um präziser zu sein, behaupte ich hiermit, dass England sicherlich viel integrierter in der EU wäre, wenn es nicht die USA und das Commonwealth gäbe.

Wie sähe dies in der Praxis aus?

Die drei Organe könnten die Tools nutzen, die sie wollen, um ihre täglichen Aufgaben zu bewältigen, und dabei immer auf Transparenz, Dezentralisatonund Mehrsparchigkeit achten.

Foren/Mailinglisten/Diskussionstools sollten daher sowohl öffentlich als auch offen sein, für die Anmeldung für jedes Mitglied, wenn nicht gar jedes Bürgers.

Die Diskussionen sollten meist in schriftlicher Form festgehalten werden, denn bei Mehrsprachigkeit ist dies einfacher zu verstehen. Selbstverständlich ist auch festzuhalten, dass Übersetzer, um eine möglichst breite Beteiligung sicherzustellen, sich als entscheidender Faktor erweisen. Übersetzungsteams müssten für beide Kammern und der Exekutive eingerichtet werden, und die Mitglieder sollten dazu ermutigt werden, so viel wie möglich ihrer eigenen Texte zu übersetzen.

Inzwischen habe ich auch festgestellt, das translinguistische Diskussionen durchaus verständlich sind, so wie z.B. Presseurop.eu.

Bezüglich der Abstimmung, ist es wahrscheinlich, dass wir uns in Richtung Multi-Konferenzen bewegen, wo jeder Teilnehmer eine lokale Versammlung darstellt, der seine Ergebnisse an die anderen übermittelt. Auf diese Weise ist die Wahl öffentlich (in jedem Zimmer und via Konferenz) und deshalb sicher, und daher werden die Stimmen nicht unbedingt von Google gelagert, dass so jedem erlaubt zu verhindern, dass alle seine Abstimmungen gespeichert werden.

Da letztendlich die hier vorliegende Vorstellung der europäischen Partei vor allem dabei helfen soll, die Bemühungen auf europäischer Ebene auszutauschen und voranzubringen, besteht keine Notwendigkeit alle nationalen Parteien neu zu gründen oder auf die Beteiligung der rein europäischen Piraten zu warten.

Es gibt keine rein europäischen Piraten. Es gibt nur nationale Piraten, die für ein Projekt, dass so weit als möglich gleichzeitig europäisch und national ist.

Über das Logo : schauen Sie sich die Vorschläge des Autors an.

Un possible logo pour le parti pirate européen

What would be a european pirate party ?

To help translating in other languages of the EU, please go this direction, thanks :) Déjà en français ici and auf Deutsch.

I propose to distribute the roles as follows : a lower chamber, made out of individuals, an upper chamber, made out of delegates of the local parties, and an executive, elected by the lower chamber and approved by the upper one. Below are the details, some justifications, and a sketch of the realisation.

  1. Division of labor
    1. Repartition of tasks between chambers
    2. Repartition of tasks inside chambers
  2. Modus decidendi
    1. The demographic factor
    2. How to measure and rank pirate activity
  3. Why not go for something completely different ?
    1. Goal of a european pirate party
    2. Cooperate, collaborate, mutualize !
    3. Innovation
    4. Balance of powers
    5. Transparency and participation
    6. About national minorities
    7. Nationalisms
  4. How would it look like concretely ?

Division of labor

Repartition of tasks between chambers

The tasks of the lower chamber would be to discuss and vote the programm, and to elect the executive.

The executive would be tasked with the moderation of the discussions in the lower chamber, with the representation of the pirate party, and should keep abreast the MEPs and the press about the debates and positions on the current topics.

The upper chamber would do the shuttle between the lower chamber and the local parties.

This upper chamber would have a veto right in order to regulate the disagreement cases between the european pirates and a majority of national parties (or a big enough minority, like a third). This veto right would come along with the obligation of the formulation of one or more alternatives proposals. To propose new motions on their own, members of the upper chamber would participate to the lower one just like everybody.

Said another way, the main role of the lower chamber would be decision, the one of the upper chamber synchronisation between lands, regions, and the lower chamber, and the one of the executive would be representation.

Repartition of tasks inside chambers

Inside both chambers, it should be possible to create specialized workgroups which would speed up the realisation of tasks.

Thus, it should be possible to create adhoc commissions, to which each member could participate on a voluntary basis. Those commissions should study propositions, turn them into motions, establish arguments for or against those propositions, and should give some vote recommendation.

To organize those commissions as fluently as possible, the german system of liquid democracy seems to me the most relevant one, at least to manage the lower chamber.

In order to facilitate the communication between local or european members of parlament, the executive will be tasked with weekly reports on the latest popular propositions and on the other news of both chambers. Those public reports will first be destinated to members of parlament, but should also be used by individual members and the press to gain some overview of what is happening in the party.

Modus decidendi

The demographic factor

Members of the upper chamber would represent (alone or in groups) their own country. Since not every country are equal in terms of population size, a ponderation scale should be constructed on this criterion. The standard scale woud be : each country has at least one vote, and above that each country has as many votes as he has inhabitants. Thus, Germany would have 82/500=16,3 voice, and Malta would have 1.

Another attractive system would be some kind of Jagiellonian compromise, as can be seen below :

Compromis jagiellonien

Compromis jagiellonien

For more information, a complete scientific study is avalaible there (pdf).

How to measure and rank pirate activity

Intuitively, this standard scale should be weighted by a second scale, which would be indexed on the number of members of the pirate party proportionnally to the size of the population of a country.

The problem is, such measurements are completely artificial.

Thus, one could decide that the «piratest» country should have an advantage of 27 points, and the least pirate, only one point more. 27 refers to the number of member states, but de facto, this is arbitrary. Why not a scale from 0 to 100 ? And what about the compatibility of this scale with the former one ?

One could also decide that the most pirate contries have a bonus of 10 points, the lesser ones having -10, with of course all intermediaries. But then, why not ±20 ?

As one can see, index the weighting of the national parties on their activities would require a second scale, and the joining of both scales would be totally abitrary and without common measures with the former one. Not very consensual.

Then, it seems to me reasonable not to index the weights of the local pirate parties on anything else that the size of their population.

But this is a problem, because France for example, could’nt justify via its pirate activity to weight 12,3 points. But this problem can be compensated by a lack of weighting of individual voices in the lower chamber. Then the most influent countries in this chamber would be automagically the most active, without nationality being for so much the most important criterion in this chamber.

That would signify that the role of the upper chamber would be, besides cooperation, to ensure the respect of the national interests, while it would not be the goal of the lower chamber, permitting thus an easy transnational collaboration.

Why not go for something completely different ?

Goal of a european pirate party

Unity is strenth, and unions happen only through compromises. Plus : the wider an union is, the stronger it is.

This has two consequences :

  • The interest of européens, at the global scale, is to strengthen their union.
  • The interest of pirates, at the european scale, is to unite as strongly as possible.

To strengthen the European Union, and the cooperation between parties, one should prefer institutions which favour compromises, typically those where the choice of the whole is the one of the majority. The European Union already understood that, since a significant part of the decisions are taken by the majority and not unanimously.

That way, separatists can always separate, but are hold in minority.

Such a goal is no coquetry.

At the global level, during the creation of the European Stability Mecanism, one could observe how important it is to speed up decisions that decisions be taken by the majority and not unanimously. I here only consider the institutionnal problem and not the questionable content of the treaty (even if some unanimity is required in order to launch it).

At the european level, in the majority of the european countries, the legislative competence gœs directly to Europe or is shared between Europe and its member-states, for a very large amount of domains. If pirates don’t decide themselves to efficiently act at the european level, they’ll stay some folkloric protest movements from some lost regions of the Union, be it Sweden, France, Catalogna or Poland.

For example, to fight against the illegal data processings of Google or Facebook, it is much more efficient to act at the european level if one wants to be able to have an impact on the policies of the american giant.

Another example, with a more social perspective : Europe would have every interest to put the pressure on its members in order to harmonize its social policy from the top, to avoid social dumping inside the union. This kind of measure can only be defended efficiently at the european level.

To summarize, if the pirates want to be efficient in their own national policies, and want to truly defend a democratic project at the european level, a strengthened cooperation or even the collaboration of pirates is to be compulsory.

Un possible logo pour le parti pirate européen

Un possible logo pour le parti pirate européen

This, as explained below, is not to be sustained by some episodic delegate meetings, but necessitate for reasons of efficiency, transparency, innovation, power balance, reject of nationalisms, and respect of the national minorities, that a truly democratic european party exists.

Cooperate, collaborate, mutualize !

I just said that it seems important to me that the european pirates strongly unite. The formula is vague, by design.

The european pirate party could either serve the purpose of cooperation of national pirate parties, or serve to the collaboration of european pirates, which are two related but different things.

It seems to me that the interest of the national or regional pirate parties is not that they create their programms on their own, without cooperating with the other european parties, to cooperate only afterwards, by comparing with the other european pirates what they have in common. This would establish as programms the lowest common denominator, and it is not in the interest of the whole, even if it is what could happen.

To the contrary, national pirate parties have every interest to work together as much as possible, as early as in the beginning of the redaction of their programm, id est, to collaborate to reach the most common denominator.

The mutualization of efforts has several advantages :

  • It has every chance to better the quality of all the programms, since one could hope that transnational exchanges be beneficial for everybody.
  • It allows for more efficiency at the european level for the national pirate parties, which is in their own interest.
  • It allows for the sharing of the efforts of everybody, instead of spending 27 times the same energy on the same things.

Besides the cooperation of parties, be it only for the sake of efficiency, one should then collaborate. And it has to seem obvious that parties collaborate as the better as their individuals members work together. In fact, what are parties except their members ? The european pirate party would be the place by excellence of this collaboration.

This dœs not prevent national or regional parties from deciding not to follow the european pirate party for a part of their programm, or even to get out the alliance. They are paramount at home.

But if the parties follow their interest, leaving an alliance is not what they’ll do first.

Innovation

Preventing individual participation would hamper innovations and the dynamism that any political party need to exist. This is a secret for no one that the first innovators are the individuals and not the established institutions, because they rather have interest that nothing change in order to preserve their monopoly.

This principle is as valid in politics as in economics, and the fervent defense of the pirates of all countries of the individual liberties as well as their fight against the majors in the music industry makes me believe that they already know this principle.

Transparency and participation

Preventing individuals from participationg or defending that the european pirate party should only be a coalition of national or regional parties (therefore excluding individuals), as is sometimes asserted on the PP-UE mailing-list, would have as consequence a lack of transparency and a deficit of participation. I already explained my view on this subject in another previous post.

Yet, the european pirate party should nevertheless be there to develop and defend european projects, and that is not trivial. A lack of democracy would then not be harmless.

Power balance

In a previous article, Mattias Bjärnemalm defines four groups which will be interested by the creation of a PP-EU. These groups are national and regional parties, individuals pirates, MEPs, and regional/national MPs.

Each group has its own interest, and those have to be preserved. This is what I am trying to do by trying to favour the collaboration of the greater number at the european scale.

Concerning national minorities being european majorities

It can be, and would even be normal, that representatives or delegates of the national parties be stung : Don’t they represent legitimatelly their own party, as delegates which are most of the time elected ?

This is not the question. Of course the elected delegates are legitimate.

This said, they don’t represent for so much every trend in their party. It is completely possible that in Poland and in France, some national minorities would agree with national majorities in Italy, Germany, England and Spain.

What to do then ? Neglect the national minorities and force those minorities to secede en bloc with their party ?

Obviously, this would be unjust for those minority pirates. Only those belonging to the majority, which firmly disagree with the rest of the european pirates, should secede, and the national minorities should have the possibility to work with the others.

Yet, only a party open to individuals could allow for the having a say of those national minorities.

Inversely, it would be also unjust that an assembly of european pirates vote decisions that be refused by a majority or a strong minority of national majorities. That’s why this is also important that the upper chamber have a veto right against the lower chamber.

Nationalisms

A simple meeting of national delegates won’t bring much because

  • no voting procedure will be found legitimate by everyone
  • it favours the self-interested defenses of his/her own and single nation, namely nationalisms.

We just saw above that the question of the repartition of weights is delicate, because if in the current state of the european pirate parties, indexing the weights of the national votes on the sizes of populations is not completely justified, weighting those weights lead to arbitrary evaluations.

Another solution would be «one country, one voice». Said another way, each one has a veto right on everything and anything.

In this case, paralysis would watch for the european pirate party, and that would lead to the bursting of the european pirate party into circumstancials subgroups. The european programm would be brought back to the lowest common denominateur, which gœs tendencially to the nothingness in a diversified european union.

This is not because pirates have nothing in common. Of course, they defend transparency of the political life, liberty on the Internet, fight against monopolisms, and so on. But as soon as one comes into details, or gœs outside the foundational scope of the Pirate Parties, the devil of discord will be awoken, and then, to camp on nationally already elaborated decisions is a bad choice, when the possibility of finding majorities at the european level exists.

Wanting to decide of everything at home is of course kind of a rational choice, and therefore to be understood and respected. But in my opinion this is also anti-european.

Thus, it is not surprising that on the mailing-list of the PP-EU, these are mostly englishmen who defend the unanimous vote, once seen that England is not really part of Europe neither of America, and because of that jealously preserve its (relatively illusory nowadays) independence. To be more precise, what I mean here is that England would surely be more integrated in the EU if there were no Commonwealth or USA, since England is kind of a bridge between those sets.

How would it look like concretely ?

The three organs could use the tools they want to accomplish their day-to-day tasks, while keeping in mind the constraints of transparency, decentralization and multilingualism.

Fora, mailing-lists and so on should be either public, either open to any member the pirate party.

Discussions should be mostly lead in writing, because multilingualism is simpler that way. It should be noted that translators would be of the higher importance, in order to permit to as many people as possible to participate. Translators teams should be introduced for both chambers and the executive, and members should translate as much as possible their own writings.

Meanwhile, I already could remark that translinguistic discussions are sometimes perfectly understandable, on Presseurop.eu for example.

Concerning the vote, the most probable is that we move toward multi-conferences where each attendee is a local assembly which transmits its results to the others. That way, voting is public (in each room and via the conference) and therefore safe, but not every vote is necessarely stocked by Google, thus avoiding the filing of each vote.

Finally, since the european pirate party which is presentend here before all serves the purpose of mutualization of the efforts at the european level, there is no need to found again every national party or to wait for the participation of purely european pirates.

There are no purely european pirates. There only are national pirates which collaborate at the european scale, in order to build a project that be as much as possible as european as national.

About the logo : see the propositions of the author.

Un possible logo pour le parti pirate européen

Que serait un parti pirate européen ?

Pour aider à traduire dans d’autres langues de l’UE, c’est par là, merci :) Déjà in english there et auf Deutsch.

Je propose de répartir ainsi les rôles : une chambre basse, composée d’individus, une chambre haute composée de représentants des partis locaux, et un exécutif, élu par la chambre basse et approuvé par la chambre haute. Ci-dessous le détail, les justifications, et l’esquisse de la réalisation.

  1. Division du travail
    1. Répartir les tâches entre les chambres
    2. Et répartir les tâches dans les chambres
  2. Mode de décision
    1. Le facteur démographique
    2. Mesurer et classer l’activité pirate
  3. Pourquoi ne pas faire autrement ?
    1. But d’un parti pirate européen
    2. Coopérer, collaborer, mutualiser !
    3. Innovation
    4. Équilibre des pouvoirs
    5. Transparence et participation
    6. À propos des minorités nationales
    7. Nationalismes
  4. Comment cela se présenterait concrètement ?

Division du travail

Répartir les tâches entre les chambres

La chambre basse aurait pour tâche de discuter et voter le programme et d’élire l’exécutif.

L’exécutif serait chargé de modérer les discussions de la chambre basse, de représenter le parti pirate, et de tenir au courant les eurodéputés et la presse des positions du parti pirate sur les différents dossiers.

La chambre haute serait chargée de faire la navette entre la chambre basse du Parti Pirate Européen et les partis locaux.

Cette chambre haute aurait un droit de veto pour régler les cas de désaccord entre les pirates européens et une majorité de partis nationaux (ou avec une grosse minorité de blocage, soit un tiers). Ce droit de veto s’accompagnerait de l’obligation de la formulation d’une ou plusieurs propositions alternatives. Pour présenter leurs propositions à titre individuel, les membres de la chambre haute participeraient à la chambre basse comme tous les autres membres.

Autrement dit, le rôle principal de la chambre basse serait la décision, celui de la chambre haute la synchronisation entre pays et régions, et celui de l’exécutif la représentation.

Et répartir les tâches dans les chambres

À l’intérieur des deux chambres, il doit être possible de créer des groupes de travail spécifiques afin d’accélérer la réalisation des tâches.

Ainsi, des commissions spécialisées devront pouvoir être créées, auxquelles chaque membre pourra volontairement participer. Ces commissions devront travailler à l’étude des propositions, à l’établissement des arguments pour ou contre les propositions qui leur sont soumises, et devront donner une recommandation de vote.

Pour organiser ces commissions de la manière la plus fluide possible, le système allemand de démocratie liquide me semble le plus pertinent, au moins pour gérer la chambre basse.

Afin de faciliter la communication entre les députés locaux ou européens, l’exécutif sera chargé de rédiger des rapports hebdomadaires sur les dernières propositions populaires et autres actualités des deux chambres. Ces rapports, publics, seront principalement destinés aux députés, mais devraient aussi servir aux membres et aux journalistes pour se repérer dans l’activité du parti.

Mode de décision

Le facteur démographique

Les membres de la chambre haute représenteraient (seuls ou à plusieurs) leur pays. Comme tous les pays ne sont pas égaux en terme de population, il faudra mettre en place une pondération qui suit ces critères. L’échelle standard serait : chaque pays a au moins une voix, et a sinon autant de voix qu’il y a proportionnellement d’habitants dans son pays. Ainsi, l’Allemagne aurait 82/500=16,3 voix soit 16,3 voix, et Malte aurait 1 voix.

Une autre solution serait un compromis jagiellonien, selon l’échelle suivante :

Compromis jagiellonien

Compromis jagiellonien

Pour plus d’informations, se rapporter à ce billet de blog en français ou cette étude (pdf en anglais).

Mesurer et classer l’activité pirate

Intuitivement, cette échelle standard devrait être pondérée par une seconde échelle indexée sur le nombre d’adhérents du parti pirate du pays proportionnellement à la population du pays.

Cependant, les mesures sont complètement artificielles.

Ainsi, on pourrait décider que le pays le plus «pirate» aurait 27 voix d’avance, et le moins pirate, seulement une voix de plus. Le chiffre de 27 est donné en référence au nombre de pays membres, mais de facto, il est arbitraire. Pourquoi pas une échelle de 0 à 100 ? Et quid de sa compatibilité avec la précédente ?

On peut aussi décider que les pays les plus pirates ont 10 voix d’avance, et les moins pirates, 10 voix de retard, avec bien sûr tous les pays intermédiaires recueillant des bonus-malus intermédiaires. Mais de même, pourquoi pas ±20 ?

Comme on le voit, indexer les pondérations des voix des partis sur leur activité nécessiterait une seconde échelle pour les classer, qui serait arbitraire et sans commune mesure avec la précédente. Très peu consensuelle donc.

Dès lors, il me semble raisonnable de ne pas indexer les poids des partis pirates locaux sur autre chose que la taille de leur population.

C’est cependant un problème, parce que la France par exemple, ne justifierait pas par son activité pirate actuelle de peser 12,3 voix. Mais pour autant que ce problème est compensé par une absence de pondération sur les voix en fonction de la nationalité dans la chambre basse, il est acceptable.

Cela signifierait que le rôle de la chambre haute serait, outre la coopération, de veiller au respect des intérêts nationaux, tandis que la chambre basse serait une chambre « purement » européenne, dédié à la collaboration individuelle.

Pourquoi ne pas faire autrement ?

But d’un parti pirate européen

L’union fait la force, et les unions n’adviennent qu’en faisant des compromis. De plus, plus une union est large, plus elle est puissante.

Ça a deux conséquences :

  • L’intérêt des européens au niveau mondial est de renforcer leur union.
  • L’intérêt des pirates au niveau européen est de fortement s’unir.

Pour renforcer l’Union Européenne, et la coopération entre partis, il faut privilégier des institutions qui favorisent les compromis, typiquement celles où le choix du tout est celui de la majorité. L’Union Européenne l’a déjà compris, puisqu’une bonne partie des décisions se prend à la majorité et non à l’unanimité.

De la sorte, les séparatistes ont toujours le droit de se séparer, mais sont mis en minorité.

Un tel but n’est pas une coquetterie.

Au niveau mondial, lors de la création du mécanisme européen de stabilité, on a vu combien pouvait être nécessaire en terme de rapidité de décision que les décisions soient prises sur un mode majoritaire plutôt qu’à l’unanimité, et ce en considérant purement le problème institutionnel et non le contenu, discutable, du traité.

Au niveau européen, dans la majorité des pays européens, la compétence législative revient à l’Europe ou à la fois à l’Europe et aux pays-membres pour un éventail très large de domaines. Si les pirates ne se décident pas à agir efficacement au niveau européen, ils resteront des mouvements protestataires folkloriques issus de quelques provinces reculées de l’Union, que celles-ci soient la Suède, la France, la Catalogne ou la Pologne.

Par exemple, ne fut-ce que pour lutter contre les traitements illégaux de données personnelles par Google, il est nécessaire d’agir au niveau européen pour que les mesures prises aient un impact tel qu’elles soient en mesure de faire plier le géant américain.

Autre exemple, sur une optique plus sociale, l’Europe aurait tout intérêt à faire pression sur ses pays membres pour harmoniser les politiques sociales par le haut, afin d’éviter le dumping social à l’intérieur même de l’Union.

En résumé, si les pirates veulent eux-mêmes être efficaces dans leurs propres politiques nationales, et veulent défendre un vrai projet démocratique pour l’Europe, la coopération renforcée voire la collaboration des pirates est nécessaire.

Cela, comme expliqué par la suite, ne peut se contenter de quelques réunions de délégués, mais nécessite pour des raisons d’efficacité, de transparenced’innovation, d’équilibre des pouvoirs, de rejet des nationalismes, et de respect des minorités nationales, de faire vivre démocratiquement un vrai parti européen.

Coopérer, collaborer, mutualiser !

Un possible logo pour le parti pirate européen

Un possible logo pour le parti pirate européen.

Je viens de dire qu’il me semble important que les pirates européens s’unissent fortement. La formule est vague, à dessein.

Le parti pirate européen peut soit servir à la coopération des partis pirates nationaux, soit servir à la collaboration des pirates européens, ce qui sont deux choses liées mais différentes.

Il me semble que l’intérêt des partis pirates nationaux ou régionaux n’est pas de d’abord créer leur programme seul, sans coopérer avec les autres partis européens, pour ne coopérer qu’après coup, en comparant avec les autres partis pirates européens ce qu’ils ont en commun, pour établir comme programme européen le plus petit dénominateur commun. C’est ce qui risque actuellement de se passer, mais ce n’est pas le plus avisé.

Bien au contraire, les partis pirates nationaux ont tout intérêt à travailler ensemble autant que possible, dès la rédaction de leur propre programme, id est, à collaborer pour atteindre le plus grand dénominateur commun.

La mutualisation des efforts a plusieurs avantages :

  • Elle a toutes les chances d’améliorer la qualité de tous les programmes, puisqu’il faut espérer que les échanges transnationaux seront bénéfiques pour tout le monde.
  • Elle permet aux partis pirates nationaux d’être plus efficaces au niveau européen, ce qui est dans leur propre intérêt.
  • Elle permet de mettre en commun les efforts de tous, au lieu de dépenser 27 fois la même énergie.

Outre la coopération des partis, ne fut-ce que par efficacité, il faudra donc collaborer. Et il doit paraître évident que des partis travaillent d’autant mieux ensemble que leurs membres individuels travaillent ensemble. Le parti pirate européen sera le lieu par excellence de cette collaboration.

Cela n’empêche nullement les partis pirates nationaux ou régionaux de décider sur tout ou partie de leur programme de ne pas suivre le programme européen. Ils sont souverains chez eux, et la séparation est toujours possible.

Mais si les partis pirates nationaux suivent leur propre intérêt, ce n’est pas ce qu’ils feront en premier.

Innovation

Empêcher la participation individuelle serait entraver les innovations et le dynamisme dont a besoin tout parti politique pour exister. Il n’est un secret pour personne que les principaux innovateurs sont les individus et non pas les institutions établies, parce que celles-ci ont plutôt intérêt à ce que rien ne change pour préserver leur monopole.

Ce principe est autant valable en politique qu’en économie, et la fervente défense des pirates de tous les pays des libertés individuelles ainsi que leur lutte contre les majors dans l’industrie de la musique me fait croire que ces pirates connaissent déjà ce principe.

Transparence et participation

Empêcher les individus de participer ou défendre que le parti pirate européen ne devrait être qu’une coalition de partis nationaux et régionaux, comme il est parfois défendu sur la liste de discussion du PP-UE, entraînerait un manque de transparence et un déficit de participation. J’ai déjà détaillé ce point dans un autre billet.

Or, le parti pirate européen est quand même censé être là pour mettre sur pied et défendre des projets européens, ce qui n’est pas anodin. Un déficit démocratique n’y serait donc pas inoffensif.

Équilibre des pouvoirs

Dans un article précédent traduit ici-même, Mattias Bjärnemalm définit quatre groupes intéressés par la création d’un PP-UE. Ceux-ci sont les partis nationaux/régionaux, les individus pirates, les eurodéputés et les députés nationaux ou régionaux.

Chaque groupe a ses intérêts, et ceux-ci doivent être préservés. C’est ce que j’essaye de faire en essayant de privilégier la collaboration du plus grand nombre à l’échelle européenne.

À propos des majorités européennes nationalement minoritaires

Il est possible, et ce serait même normal, que les représentants des partis nationaux soient piqués dans leur fierté : Ne représenteraient-ils pas légitimement leur propre parti, en tant que délégués le plus souvent élus ?

Là n’est pas la question. Il est bien sûr que les délégués élus par leurs partis sont légitimes.

Ceci dit, ils ne représentent pas non plus toutes les tendances de leur parti. Il est tout à fait possible qu’en France et en Pologne, des minorités nationales soient d’accord avec les majorités nationales en Italie, Allemagne, Angleterre, Espagne.

Que faire alors ? Négliger les minorités nationales et obliger ces minorités à faire sécession en bloc avec leur parti ?

À l’évidence, ce serait injuste pour ces pirates minoritaires. Seuls ceux, majoritaires, qui sont en désaccord avec le reste des européens devraient le faire, et la minorité nationale qui fait partie de la majorité européenne devrait pouvoir travailler avec les autres.

Or, seul un parti pirate européen ouverts aux individus permet que de telles branches nationalement minoritaires avec les autres aient voix au chapitre.

À l’inverse, il serait aussi injuste qu’une assemblée de pirates européens vote des décisions refusées par une majorité de majorités nationales. C’est pourquoi il est aussi important que la chambre haute soit dotée d’un droit de veto contre la chambre basse.

Nationalismes

Une simple réunion de représentants ne mènerait nulle part, car

  • aucune procédure de vote ne paraîtra légitime aux uns ou aux autres
  • cela favorise les défenses intéressées de sa seule et unique nation, à savoir les nationalismes.

Nous venons de voir que la question de la répartition des voix est délicate, car si dans l’état actuel des partis pirates européens, indexer les poids des votes nationaux sur les tailles des populations n’est pas tout à fait justifié, pondérer cette échelle mène à des évaluations arbitraires.

Une autre solution serait «un pays, une voix». Autrement dit, chacun a un droit de veto sur tout et n’importe quoi.

Dans ce cas, la paralysie guettera le parti pirate européen, ce qui amènera à l’éclatement du parti pirate européen en sous-groupes de circonstances. Le programme européen se ramènera alors au plus petit dénominateur commun entre tous les partis, ce qui tend naturellement vers le néant dans une union européenne diversifiée.

Non pas que les pirates européens n’aient rien en commun. Bien sûr, ils défendent tous la transparence de la vie politique, la liberté du Netz, la lutte contre les monopoles. Mais dès qu’il faudra entrer dans les détails, ou sortir des thèmes fondateurs du Parti Pirate, camper sur des positions nationales déjà élaborées est un mauvais choix, quand la possibilité existe de trouver des majorités au niveau européen.

C’est bien sûr un choix rationnel, et à ce titre respectable, mais à mon sens anti-européen.

Ainsi, il n’est pas étonnant que sur la liste de discussion du PP-UE, ce soit surtout des anglais qui défendent le vote à l’unanimité, vu que les anglais ne font pas vraiment partie de l’Europe ni des États-Unis, et de ce fait préservent jalousement leur (à l’heure actuelle) relativement illusoire indépendance.

Comment cela se présenterait concrètement ?

Les trois organes pourraient utiliser les outils qu’ils veulent pour réaliser leurs tâches au quotidien, tout en gardant à l’esprit les contraintes de transparence, de décentralisation et de multilinguisme.

Les forums/mailing-lists/outils de discussion devraient donc soit être publics, soit être ouverts à l’inscription à n’importe quel membre sinon citoyen.

Les discussions devraient majoritairement se tenir par écrit, parce que le multilinguisme est plus simple de cette manière. Il est d’ailleurs à noter que les traducteurs se révéleront essentiels pour permettre au plus grand nombre de participer. Des équipes devront être mises en place pour les deux chambres et l’exécutif, et les membres devront être incités à traduire autant que possible leurs propres propos.

Par ailleurs, j’ai déjà pu remarquer que les discussions translinguistiques sont parfois tout à fait compréhensibles, sur Presseurop.eu par exemple.

Concernant le vote, le plus probable est que nous nous acheminions vers des multi-conférences où chaque participant est une assemblée locale qui transmet ses résultats aux autres. De la sorte, le vote est public (dans chaque salle et via la conférence) et donc sûr, mais tous les votes ne sont pas nécessairement stockés par Google, ce qui permet d’éviter à chacun que tous ses votes soient fichés.

Enfin, comme le parti pirate européen défendu ici sert avant tout à mutualiser les efforts au niveau européen, il n’est pas besoin de refonder tous les partis nationaux ou d’attendre la participation de pirates purement européens.

Il n’y pas de pirates purement européens. Il n’y a que des pirates nationaux qui collaborent à l’échelle européenne, pour un projet autant que possible à la fois européen et national.

À propos du logo : voir les propositions de l’auteur.

Indifférence, ignorance, ou ?

C’est justement ÇA le marché, bande d’imbéciles !

En travaillant avec l’eurodéputé pirate Christian Engström au Parlement Européen, il m’arrive souvent d’entrer en contact avec des lobbyistes de la propriété intellectuelle, des lobbyistes de la musique, du cinéma, ou de l’édition. Et il y a une chose qui me frappe toujours…
On a l’impression qu’ils n’ont pas la moindre idée de ce qui est en train de se passer.

Multi-connexion, hyper-distribution

Ils semblent ne pas réaliser que nous vivons dans une société de l’information avec un phénomène d’hyper-distribution.

Et si quelques uns semblent bien se rendre compte de la tendance générale, ils pensent que c’est le Parti Pirate lui-même ou même l’eurodéputé Christian lui-même qui a inventé Internet, la libre circulation de l’information et le partage.

(Nous y répondons parfois « Non, c’est quelqu’un de beaucoup plus futé ». Mais il n’ont pas l’air de capter la subtilité de notre humour, et encore moins le message)

Ce que fait le parti pirate, c’est «simplement» montrer quelles politiques sont raisonnables dans notre nouvelle société.

Indifférence, ignorance, ou ?

Indifférence, ignorance, ou ?

Des millions de gens sont en ligne, et tous peuvent, au moins en théorie, se connecter les unes aux autres. Il n’y a le plus souvent, et c’est surprenant, que très peu d’intermédiaires potentiels entre deux personnes (8 tout au plus). Toutes les données qui sont sur mon ordinateur pourraient être transférées sur le vôtre. Ou sur celui d’un réparateur de vélo chilien. Si elles sont suffisamment intéressantes.

Le potentiel d’Internet…

Certains entrepreneurs ont compris ce qui s’était passé. Ils créent des applications Internet, ils mettent en ligne leur boutique (et le plus souvent, plus ils sont spécialisés, plus ils ont du succès), ils développent leurs propres chaînes médias et créent des projets qui incitent à la coopération. La plupart du temps, ce peut être fait avec très peu d’argent. S’ils le choisissent, ils peuvent s’adresser au monde entier.

Pour les lobbyistes de la propriété intellectuelle, c’est le contraire…

Ils refusent de voir ou d’accepter le monde comme il est. Ils s’excitent parce que plus personne ne veut descendre en centre-ville pour acheter leurs produits gravés sur des galettes de plastique. Ils deviennent fous si quelqu’un partage l’information qu’il possède avec un ou une autre. Ils maudissent Internet. Ils veulent superviser, filtrer et contrôler le flux des informations. ils veulent couper les connexions à Internet. Cela ne leur pose aucun problème que de rendre le monde difficile à vivre pour tous les autres, tous les entrepreneurs, les scientifiques, les étudiants, les artistes, les bloggueurs et les gens normaux qui remplissent le web de leur créativité et de vie.

Les lobbys de la PI ne font aucun effort pour comprendre, accepter et adopter notre nouvelle réalité et notre nouvelle société de l’information. Ils le pourraient, s’ils le voulaient. Et ils pourraient devenir riches ce faisant. Mais jusque maintenant, ils semblent incapables de penser en dehors des sentiers battus.

…est le plus souvent méprisé.

Parfois, c’est presque surprenant. Nous avons rencontré quelqu’un de l’industrie de l’édition. Quelqu’un qui nous a expliqué, la lèvre haute, que la quantité d’information circulant sur Internet était un problème, puisque personne ne peut contrôler le processus de sélection, décider de ce qui doit être publié ou non. C’était tellement… condescendant.

Une société de l’information en ligne avec une grande multitude d’informations et une hyper-distribution, voilà le nouveau marché. Et sous beaucoup d’aspects, c’est un marché beaucoup plus libre qu’avant. Vous devriez l’accepter ou vous ranger sur le côté et regarder le train passer.

Car enfin, regardons les choses en face. Certains produits, certains modèles économiques, certains concepts et d’autres trucs finiront directement à la poubelle, puisqu’ils sont inadaptés à notre société moderne. Et ils devraient finir à la poubelle, libérant ainsi de l’espace pour d’autres trucs tout neufs, et plus rentables, plus orientés vers l’avenir, plus viables et plus florissants.

Personne ne peut prédire de quoi demain sera fait, et quels seront les prochains modèles économiques. Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Nous trouverons des solutions, en définitive. Le marché s’en chargera. De lui-même. Il y aura toujours des gens talentueux pour développer de nouveaux produits. Vous pouvez appeler ça capitalisme, organisation spontanée, progrès, la main invisible, les effets dynamiques ou comme il vous plaira. Mais ce sera là.

Faites confiance à la Force !

Lire aussi le livre de l’eurodéputé en anglais, l’article de blog original, ou les traductions de ses chapitres ici.

Parti pirate européen

Warum eine europäische Piratenpartei die Mitgliedschaft von den Individuen fördern sollte

In English und en français. Deutsch ist meine dritte Sprache. Korrekturen dort. Danke !

Die Piratenparteien wollen Transparenz in der Politik verteidigen. Das ist nur möglich, wenn jede(r) selber nachprüfen kann, was in der Partei passiert. Es erfordert deshalb, dass jede(r) mitmachen kann. In dieser Schrift werde ich probieren zu erklären, warum und wie es machbar ist. Die Vorschläge gelten für eine europäische Piratenplattform wie für eine folgende Partei.

Jede(r) BürgerIn von der Union oder Europas sollte in europäischen Piratenpartei mitmachen können. Mitmachen bedeutet Sätze vorschlagen, diskutieren und wählen.

  1. Warum ?
  2. Einige offensichtliche Gegenargumente
  3. Wie man die überwindet
  4. Und was mit den Offiziellen und mit der Vielfalt in der EU ?
    1. « Verschiedenen Ländern, verschiedene Gewichte »
    2. « Die Offiziellen haben die Oberhand »
  5. Zwei Häuser
  6. Wahlverfahren

Warum ?

Die Teilnahme von jedem/jeder am öffentlichen Leben ist ein Ziel an sich. Aber dieser Grundsatz ist in der Union von besonderer Bedeutung, besonders weil die Europäische Kommission und der Ministerrat oft hinter geschlossenen Türen debattieren. Es soll deshalb die Rolle von den Piraten sein, zu zeigen, dass ein anderes Modell konkret möglich ist. Wenn wir es nicht selbst schaffen, zu zeigen, dass die Basisdemokratie auf europäischer Ebene verwirklichbar ist, wer sonst ?

Einige offensichtliche Gegenargumente

Solch ein Projekt ist ungewiss weil :

  1. zu viele verschiedenen Sprachen in der EU benutzt werden
  2. Versammlungen in der ‘realen Welt’  stattfinden müssen, damit koordiniert und abgestimmt werden kann/li>
  3. ein sicheres und geheimes Wählen im Internet unmöglich ist

Wie man die überwindet

Well balanced and rock-solid

Bien équilibré et solide comme un roc


Zuerst bin ich mit denen völlig einverstanden, die sagen, dass die Demokratie ein echtes Chaos ist. Beziehen wir uns auf Platon, um es festzustellen. Dieses Chaos droht besonders, wenn es sich um geöffnete Demokratie auf der europäischen Ebene handelt.

Aber was sollte das wichtigste Ziel für die Piraten sein ? Jedem und jeder zu ermöglichen, am öffentlichen Leben teilnehmen zu können, oder effizient zu sein, auch wenn es ein Bruch vom Volk als Folge hat ? Deshalb sollten wir meiner Meinung nach die oben erwähnten Probleme lösen.

  1. Die Übersetzungen und die Mehrsprachigkeit machen die Kommunikation besonders schwierig, aber machen sie nicht unmöglich. Das kann auch zwingen, die Texte so verständlich wie möglich zu machen.
    1. Wir können immer mit unseren Entzifferungsbegabungen und den automatisierten Übersetzungen rechnen.
    2. Die meisten Europäer können Deutsch, Englisch, Französisch, Italienisch, Spanisch oder Polnisch. Wenn die Partei gross genug ist, werden wir genügend Menschen haben, um es zu schaffen, die Reaktionen und Beiträge zwischen diesen Sprachen zu übersetzen, und aus dort zu den kleineren Sprachen. Immer der «Best Effort»s Regel zufolge. Das unterstellt, dass die Mehrsprachigkeit als echtes Problem angenommen wird und dass die Piraten sich Zeit nehmen müssen, um anderen zu helfen, auf der europäischen Ebene zu kommuniezieren. Anders gesagt setzt es voraus, dass ein verbreiteter Kooperationsgeist existiert.
    3. Es wäre falsch zu behaupten, dass die Übersetzungen nur ein Verlust von Zeit sind. Meistens ist es notwendig, sich deutlich auszudrücken, um korrekt übersetzt zu werden. Dazu ist es oft für die Mehrsprachigen nützlich, mehreren Sprache zur Verfügung zu haben, um eine präzisere Idee von einem Text zu bekommen.
  2. Die asynchrone und dezentralisierte Hauptversammlungen sind viel zeit-intensiver als die Physische, aber gar nicht unmöglich.
    1. Jeden Tag gibt es Millionen Menschen, die sich auf Mailing Listen, Twitter/Status.net, Blogs und in Zeitungeskommentaren austauschen und manchmal eben Kompromisse schaffen.
    2. Reden und Entscheiden sind zwei getrennten Dinge. Die Wahl ist eigentlich da, um die Mehrheit entscheiden zu lassen, auch wenn auf keine Kompromisse eingegangen wurde.
    3. Da die Mailinglisten und Blogkommentaren eher schwierig zu lesen und zu folgen sind, würde eine Webseite mit hierarchisch angeordneten und bewerteten Kommentaren die Diskussionen vereinfachen. Ein System à la Slashdot oder Linuxfr, womit ein Wahlsystem würde hinzugefügt werden, würde das Ganze viel einfacher übersichtlich machen. Was linuxfr betrifft : da der Quellecode offen ist, braucht man «nur» die Oberfläche zu internationalisieren und die Möglichkeit einzuführen, alles automatisch und manuell übersetzen zu können.
  3. Es ist wahr, dass man keine sichere Geheimwahl im Internet organisieren kann. Es ist aber falsch, dass es nötig ist, geheim zu wählen. In den physischen Hauptversammlungen wählen am meisten die Leute durch Handaufheben und jeder/jede kann sie sehen. Warum sollte im Internet anders sein ? Durch die Klarnamen wird Betrug unmöglich.

Und was mit den offiziellen Vertretern und mit der Vielfalt in der EU ?

Auch wenn die Basisdemokratie ist was wir wollen, möchten wir auch, dass es ein Gleichgewicht zwischen den verschiedenen Länder und zwischen den Einzelpersonen und den offiziellen Vertretern gibt. Meine Meinung ist darüber offen. Ich skizziere also nur was mir vernünftig scheint.

Neben der Teilnahme von Individuen sehe ich zwei andere Kriterien, die das Entscheidungsverfahren von einer europäischen Partei erfüllen sollte :

« Verschiedenen Ländern, verschiedene Gewichte »

Es wäre für die Bevölkerungen und die Piraten der größten Länder unfair, dass sie anteilig weniger vertreten werden als die von den kleineren Länder. Ein Entscheidungsverfahren sollte also die folgende Kriterien berücksichtigen :

  • die Bevölkerung der Länder
  • der Erfolg der Parteien
  • die Anzahl von den lokalen Parteien

So dass die kleineren Länder die Entscheidungen blockieren können, die für sie ganz unrecht sind, sollte eine Regel wie die Doppelte Mehrheit vom europäischen Rat eingeführt werden. Diese Regel könnte verändert werden, um die oberen Kriterien zu beachten.

« Die Offiziellen haben die Oberhand »

Die offiziellen Vertreter von Piratenparteien sollten als legitimer als die Individuen gelten, weil die Letzteren eigentlich nur sich selbst vertreten, und nicht eine ganze Partei. Man kann dann dazu verlocken werden, einen Rat festzulegen, wo nur die offiziellen Vertreter von der europäischen Piratenpartei teilnehmen könnten und der ein Veto oder «letztere Entscheidung» Recht hätten, falls der Rat und die Hauptversammlung nicht einverstanden sind.

Zwei Häuser

Um diese beide Kriterien zu erfüllen ist ein Zweikammersystem denkbar.

Im Oberhaus würden wir die offizielle Vertreter von den lokalen Piratenparteien mit der oben skizzierten Gewichtung haben. Es könnte mehrere Vertretern pro Land geben. Im Unterhaus könnte jeder/jede PiratIn diskutieren und wählen, wie er/sie will, auch wenn er/sie eine andere Rolle im Oberhaus hat. Es würde auch keine Gewichtung von Stimmen geben. Da das Oberhaus die unannehmbaren oder ungerechten Sätze vom Unterhaus blockieren würde, würde die Missbrauchsrisiko vom Unterhaus eingeschränkt werden, während die Innovation im «wilden Feld» vom Unterhaus gefördert würde.

Wahlverfahren

In beiden Häuser bevorzuge ich eine Condorcet Wahlmethode, weil ich eher konsensuelle als harsche Entscheidungen mag. Das Mehrheitsurteil scheint zB vielversprechend. Solch eine Präferenz ist aber keine Folge von dem Thema dieser Schrift. Die Teilnahme von Individuen kann mit irgendwelchen öffentlichen Wahlverfahren erreicht werden. Was aber wichtig ist, ist dass beide Häuser entscheiden können, auch wenn nicht mit den selben Gewichten oder reservierten Themen.

Bitte korrigieren Sie die Sprachfehler dort :)

Parti pirate européen

Pourquoi un parti pirate européen devrait permettre et encourager les adhésions d’individus

In English et auf Deutsch
Les partis pirates veulent promouvoir la transparence de la vie politique. Ce n’est possible que si chacun peut vérifier de lui-même ce qui se passe dans le parti. Ça demande donc que chacun puisse participer. Dans ce billet, je vais tenter d’expliquer pourquoi et de suggérer comment y arriver. Les propositions valent autant pour une plateforme pirate européenne temporaire que pour un parti à venir.

Tout citoyen de l’Union ou d’Europe devrait être en mesure de participer au parti pirate européen. Participer signifie pouvoir soumettre des propositions, les discuter et les voter.

  1. Pourquoi ?
  2. Quelques obstacles évidents
  3. Comment les surmonter
  4. Quid des représentants et du respect de la divesité ?
    1. « À pays différents, poids différents »
    2. « Les officiels ont le pas sur les individus »
  5. Un système bicaméral
  6. Procédure de vote

Pourquoi ?

La participation ouverte de tous à la vie politique est un but en soi. Mais dans l’Union actuelle, cela prend un relief particulier puisque la Commission Européenne et le Conseil des Ministres décident souvent sinon toujours à huis clos, il faut montrer qu’un autre modèle est possible, concrètement. Si nous, les pirates, n’arrivont pas à montrer que la «Basisdemokratie» est possible, qui y arrivera ?

Quelques obstacles évidents

On peut douter de la viabilité d’un tel projet et trouver qu’il sera irréalisable parce que :

  1. trop de langues différentes sont utilisées en Europe
  2. des assemblées physiques doivent avoir lieu de temps à autre pour voter et délibérer
  3. un vote à la fois secret et sûr n’est pas possible sur Internet

Comment les surmonter

Well balanced and rock-solid

Bien équilibré et solide comme un roc


Tout d’abord, je suis tout à fait d’accord sur le fait que la démocratie est un sacré bazar. Remontons à Platon pour nous en convaincre. D’autant plus la démocratie ouverte au niveau européen.

Mais quel serait l’objectif le plus important pour les pirates européens ? Permettre à tous de participer ou être efficace même si cela signifie est être déconnecté de la population ? Il me semble donc que nous devons essayer de résoudre les problèmes cités ci-dessus.

  1. Les traductions et le multilinguisme rendent la communication particulièrement pénible, mais ne la rendent pas impossible. Cela peut même aider en forçant à rendre les textes aussi compréhensibles que possible.
    1. Nous pouvons toujours compter sur les traductions automatisées et nos talents de déchiffrage.
    2. La plupart des européens parlent anglais, allemand, français, italien, espagnol ou polonais. Si le parti est assez grand, nous aurons assez de monde pour arriver à traduire les débats et réactions d’une de ces langues aux autres, et de là aux langues les moins parlées, suivant la maxime du meilleur effort. Cela suppose uniquement que le multilinguisme est pris en compte comme un vrai problème et que les pirates prennent du temps pour aider les autres à parler à l’échelle européen. En d’autres mots, cela suppose un esprit de coopération largement répandu.
    3. Il serait faux de penser que les traductions ne sont qu’une perte de temps. La plupart du temps, traduire implique de reformuler et oblige à préciser sa pensée pour être correctement traduit. De plus quand vous maîtrisez plusieurs langues, les traductions sont utiles pour vous faire une idée plus précise du sens d’un texte.
  2. Des assemblées générales asynchrones and décentralisées sont bien plus lentes que les réunions physiques, mais pas du tout impossibles.
    1. Tous les jours, sur les listes de discussion, twitter/status.net, les commentaires de journaux et de blogs, des millions de gens discutent et parfois arrivent à s’accorder.
    2. Discuter et décider sont deux choses différentes. Le vote est précisément là pour laisser décider la majorité décider même si aucun accord n’a été trouvé en discutant.
    3. Puisque le plus souvent, les listes de discussion et les commentaires de blogs sont difficiles à parcourir, un site web où les commentaires seraient notés et hiérarchiquement organisé faciliterait les discussions. Un sytème à la Slashdot ou à la Linuxfr conjugué avec un sytème de vote rendrait les choses plus facilement supervisables. Concernant linuxfr, comme le code source du site web est ouvert et tout neuf, il n’y aurait «qu’à» ajouter l’internationalisation et à introduire la possibilité de traduire automatiquement et manuellement.
  3. Il est vrai qu’un moyen de vote à la fois sûr et secret n’est pas possible sur Internet. Mais il n’est pas vrai que les gens ont besoin de voter à bulletin secret. La plupart du temps, dans les assemblées générales, les gens votent en levant la main, et tout le monde peut les voir. Pourquoi est-ce que ce serait différent sur Internet ? La triche est impossible avec des votes comptables par tout un chacun.

Quid des représentants et du respect de la divesité ?

Même si la basisdemokratie est ce que nous voulons, nous aimerions aussi qu’il existe un équilibre entre les différents pays et entre les porte-paroles officiels et les individus. Mon opinion est plutôt ouverte sur ces questions, donc je vais principalement esquisser ce qui me semblerait une opinion raisonnable sur le sujet.

À côté de la participation des individus, je vois deux autres critères à remplir pour le système décisionnel d’un parti pirate européen :

« À pays différents, poids différents »

Il serait injuste pour les populations et les pirates des plus grands pays d’avoir proportionnellement moins de poids que ceux des petits pays. La procédure de décision devrait donc prendre en compte tout ou partie des paramètres suivants :

  • la population des pays
  • les succès des partis locaux
  • le nombre de membre des partis locaux

Afin de permetttre aux plus petits pays de bloquer des propositions tout à fait inéquitables pour eux, une règle de la double majorité comme celle en vigueur au Conseil Europeén pourrait être utilisée.

De manière générale, une règle de la double majorité modifiée pour inclure les paramètres ci-dessus pourrait raisonnablement être utilisée comme une base pour déterminer les poids officiels des différents partis locaux.

« Les officiels ont le pas sur les individus »

Les opinions officielles des partis pirates officiels devraient être considérées comme plus légitimes que celle d’individus qui, ua fond, ne réprésentent qu’eux mêmes, et non pas un parti entier. On peut donc être tenté d’établir un conseil ou une petite assemblée composée par les représentants officiels des partis locaux qui auraient un droit de veto ou de décision ultime en cas de désaccord entre les individus et les officiels du parti pirate européen.

Un système bicaméral

Afin de satisfaire à ces deux critères ,établir un système bicaméral est une option envisageable.

Dans la chambre haute, nous aurions les représentants officiels des partis pirates locaux, avec la pondération précédemment esquissée. Il pourrait y avoir plusieurs représentants par pays. Dans la chambre basse, tous les pirates européens pourraient voter et discuter comme bon leur semble, même s’ils ont un autre rôle dans la chambre haute, et il n’y aurait aucune pondération des voix. Comme la chambre haute aurait le droit de bloquer les propositions inéquitables ou inacceptables de la chambre basse, les risques d’abus venant de la chambre basse seraient limités, tandis que l’innovation serait encouragée dans le «terrain sauvage» de la chambre basse.

Procédure de vote

Dans les deux chambres, ma préférence va à une procédure de vote de type Condorcet, parce que je préfère les décisions consensuelles à celles tranchées, mais ceci n’est qu’une opinion personnelle non directement liée au sujet du billet. La participation des individus peut être atteinte avec n’importe quelle procédure de vote non secrète. J’utilise souvent le système debian comme une base de départ. Le jugement majoritaire semble aussi une alternative plus simple et valable.
Ce qui est important toutefois, c’est que les deux chambres aient voix au chapitre, même si ce n’est pas sur les mêmes sujet et avec le même poids. La chose la plus importante est que tout soit public dans les deux chambres.

Commentez de préférence dans une langue que je comprenne à l’écrit, à savoir anglais, français, allemand, ou une langue latine. .

Parti pirate européen

Why a European pirate party should allow (and promote) individual membership

En français and auf deutsch
The pirate parties want to promote transparency. This is only possible if everybody can check what is going on in the party. This calls for the possibility of any individual to participate. In this note I will try to explain why and suggest a way to achieve it. The propositions are valid for a European pirate platform or for a European pirate party.

Any citizen of the European Union, or of any state in Europe, should be able to participate to the European pirate party. Participation supposes that one can submit, discuss and vote on motions.

  1. Why ?
  2. Obvious reasons why it dœs not seem possible
  3. How to tackle those issues
  4. And the officials ? And the respect of diversity ?
    1. « Several countries, several weights »
    2. « Officials prevail on individuals »
  5. A bicameral system
  6. Voting procedure

Why ?

Open participation of everyone is in itself a goal. But in the current European Union, since the European Commission and the Council of Europe often or always deliberate behind closed doors, this would allow an European pirate party to show concretely how an alternative model is possible. If we, the pirates, don’t succeed in proving with our own organization that «Basisdemokratie» is possible on the European level, then who would?

Obvious reasons why it dœs not seem possible

It can be argued against individual participations that this would render the organization completely unmasterable because

  1. too many languages are used in Europe
  2. real life general assemblies must happen at some point in order to vote and coordinate
  3. no secret and secure vote can be held on the Internet

How to tackle those issues

Well balanced and rock-solid

Well balanced and rock-solid


First and foremost, I completely agree with the statement that democracy is a mess. See Plato for it. As the more open democracy at the European level. But what would be the most important goal for an European pirate party? To allow everyone to participate or to be efficient even if disconnected from the people?

So I think we should take into account and challenge all the problems caused by participation :

  1. Translation and multilingualism make communication painful, but not impossible. It can even help by forcing to render texts as understandable as possible.
    1. We can always count on automated translation and our guessing skills.
    2. Most Europeans speak English, German, French, Italian, Spanish or Polish, and if the party is big enough, we probably will have enough multilingual people to translate the debates or reactions in one of these languages to the others, and from all those big languages to the smallest languages, following the best effort maxim. This just supposes that multilingualism is taken as a real matter and that pirates take time to help the others communicate Europe-wide. In other words, this supposes a wide-spread cooperation spirit.
    3. One cannot think that translations are just a waste of time. Most of the time, translating involves reformulation and obliges one to explicit his thoughts in order to be correctly translated. So one can expect that texts translated in many languages can actually end more precise than at the beginning. And using the translations to have a more accurate idea on the meaning of a text is sometimes useful too, when you master several languages.
  2. Asynchronised and decentralized general assemblies are much slower than real-life meetings, but in no way impossible.
    1. Everyday, on mailings-lists, twitter/status.net, newspapers, blogs comments… people discuss and sometimes succeed in finding compromises.
    2. Discussions and decisions are different issues. Voting is precisely there to let the majority decide even if no agreement can be reached in the discussion.
    3. Since mailing-lists and blog comments are often a pain to browse, a web-based platform where comments are rated and hierarchically organized would facilitate discussions. Thus, a slashdot or linuxfr-like system conjugated with a voting system would render things more manageable. Concerning linuxfr, the source code of the website is open and brand new, so basically only the internationalization and the introduction of manual and automatic translations would have to be implemented.
  3. It is true that a voting system that be both secret and secure is not possible. But it is not true that people need to vote secretly. Generally, in real-life assemblies, people vote by raising their hands. And everybody can see them. Why would it be different on the Internet? Cheating is impossible with publicly countable votes.

And the officials? And the respect of diversity?

One must keep in mind that even if basisdemokratie is what we want, we also would want some balance between the countries and both the official and the individual voices to be respected. I am rather open on those questions, so I will merely sketch what could be a subjectively reasonable opinion on this matter below.

Besides the participation of individuals, I see two others criterions that the decision system that would be used by an European pirate party needs to fulfill

«Several countries, several weights»

It would be unfair for the populations and pirates of the big countries to have proportionally less weight than those of the smallest ones. So the decision process would have to take account of all or some of the following parameters :

  • the population of the countries
  • the success of the local pirates parties
  • the number of members of the local pirate party

In order to permit to the smallest countries to block completely unfair views for them, a double majority rule like the one in force in the European Council could be used.

Generally speaking, a double majority rule modified to include the above parameters could reasonably be used as a base to determine the official weights of the different local parties.

«Officials prevail on individuals»

The official views of the official pirate parties could be considered as more legitimate as those of individuals who, finally, just represent themselves, and not a whole party. So one might want to have a small assembly, or council, constituted by official representatives of the local parties, which would have a veto or final decision right in case of disagreement between the official and the individual members of the European pirate party.

A lower and a higher chamber?

In order to fulfill these two criterions, a possibility would be to have a bicameral system.

In the upper chamber, we would have the official representatives of the local pirate parties, with the previously sketched repartition of voting weights. There could be several representatives per country. In the lower chamber, every European pirate could vote and discuss as he likes, even if he has another role in the other chamber. No repartition rule would be imposed. Since the upper chamber would have the right to block any unfair submission from the lower chamber, risks of abuses from the lower chamber would be limited, while innovation would be encouraged in the «wild field» of the lower chamber.

Voting procedure

In both chambers, I would favour a Condorcet-like voting method, because I rather like consensual than harsh statements, but this is only my personal opinion, and not directly related to the subject of the participation of individuals, which can be achieved with public voting procedures. I often use the debian voting system as a starting point, but the Majority Judgment seems promising too.

What is important, however, is that both chambers rule, even if not on the same subjects and with the same weights. And the most important thing is that everything be public in both chambers.

(Note to the reader : if you can’t bear my mistakes in English, please inform me of them :) Comments in English/French/German/any latin language are welcome below.

http://www.flickr.com/photos/rubennitsche/6863813085/

Parti Pirate : Protester en s’amusant. Et après ?

À chaque fois qu’on discute du parti pirate, on discute surtout du programme : Pourquoi ce parti ? A-t-il un programme ? A-t-il des sujets centraux (et il en a plus qu’un) ? Où le met-on dans le spectre politique ? Il y a aussi des questions plus structurelles : Qui sont les membres ? Qui vote pour lui, et pourquoi ? Est-ce qu’ils sont là pour se divertir ou pour protester ?

Parti protestataire et parti d’amusement. C’est dans ces cases que les partis établis veulent ranger le parti pirate. C’est correct. Les Pirates sont à la fois un parti de protestation et un parti d’amusement, mais pas dans le sens où on entend habituellement les termes. Protestation et Amusement : voilà l’essence du parti et sa contribution au système politique.

Protestation

Le Parti pirate est un parti protestataire. « Parti protestataire », cela paraît de mauvais augure; le reproche subséquent est l’absence de ligne directrice, de profil. Mais on ne délimite un profil que par opposition : En Allemagne Die Linke (le Front de Gauche en France) n’est pas le successeur du parti unique de la RDA mais une alternative pour ceux déçus par la social-démocratie. Les « électeurs libres » de Bavière sont des déçus des conservateurs de la CSU.

Si les pirates protestent, c’est contre autre-chose. Certes ils se définissent aussi contre les autres partis, qu’ils désignent comme des « vieux partis ». Mais la frontière se situe surtout au niveau du contenu : Le mérite du parti pirate au niveau des sujets traités est de mettre à l’avant de la scène pour tous les partis le sujet de la Politique du Netz. Et dans ce terrain, le Parti Pirate a longtemps réfléchi avant de présenter une proposition concrète, travaillée, et réfléchie. Même si sa stratégie pour réformer le droit d’auteur est rudimentaire.

Ça ne tient pas au manque de ressources comme des collaborateurs scientifiques ou des laboratoires d’idées proches : Le Parti Pirate est un parti protestataire contre la culture politique établie. Il est moins un parti de policy (à contenu programmatique) qu’un parti de polity (sur les formes institutionnelles). Les Pirates et leurs revendications se préoccupent moins de contenus concrets qui permettraient de changer le système de l’intérieur que du système lui-même. Transparence et participation : les Pirates s’intéressent plus à la construction d’une infrastructure à coup d’essais et d’erreurs et sur la base de leur compréhension de la politique qu’à la formation d’une idéologie et de contenus cohérents. Ce que l’on peut appeler la « neutralité de la plateforme » (traduit ici).

http://www.flickr.com/photos/rubennitsche/6863813085/

Je suis tellement en colère que j'ai même fait une pancarte

Il est normal pour un jeune parti qu’il n’ait pas encore d’avis arrêté sur tous les sujets (comme les verts en leur temps). Les pirates sont d’horizons idéologiques très divers, même s’ils ont déjà une orientation libérale de gauche postmatérialiste.

En tant que parti protestataire, le parti pirate et son électorat demandent au système parlementaire pourquoi il nous conduit surtout pour l’instant à la perte de signification des partis établis et aux pathologies des grandes organisations. La politique du Parti Pirate est celle d’une protestation contre les structures des partis établis sclérosées par le joug d’airain de l’oligarchie.

Amusement

Le Parti Pirate est aussi un parti d’amusement. « Parti d’amusement » sonne aussi assez mal. Parti du divertissement en Allemagne, ça voulait dire jusqu’ici Chance 2000 ou APPD pogonarchiste. Des partis qui ont pour fondation évidente un parfait sens de la facétie. Le Parti Pirate n’a jamais été comme ça, il a toujours été sérieux. Il n’a jamais été non plus un parti drôle à la manière tentée par le FDP lors de sa phase Guidomobile-18% (Guido Westerwelle était le leader du FDP), où ce qui était drôle était le chahut qu’il faisait.

Dans la Süddeutsche Zeitung, Heribert Prantl écrit sur le rapport du parti à la politique : « Le Parti Pirate assouvit ouvertement une envie de politique naturellement de bonne foi et savoureusement pour la démocratie directe ». Cette analyse dit quelque chose d’essentiel sur le Parti Pirate.

Il s’agit bien de l’envie de se faire plaisir en politique. Ça ne passe pas très bien dans notre culture politique officieuse et sérieuse. La politique, ce sont des affaires sérieuses. La politique, ce sont les affaires de l’État. Et Pony Time (la série My Little Pony doit être diffusé lors de certaines réunions selon les statuts du parti), n’est pas à la hauteur des affaires d’État. Depuis Max Weber nous savons tous que la politique s’apparente au forage long et pénible de trous dans d’épaisses planches.

Dans la culture politique allemande, on lit rarement la fin de la phrase de Weber : Les planches doivent être percées au jugé. Là-dessus nous sommes d’accord. Mais pas seulement au jugé, aussi avec passion.


Les Pirates apporte un nouveau terme à la politique, qui appartient à Hannah Arendt. Pour elle la politique n’est pas seulement de l’administration (plus exactement, ce n’est justement pas de l’administration), mais aussi le monde d’action par lequel ce qui est humain vient à affleurer. En politique les hommes s’accomplissent. La politique sert toujours leurs propres vœux : c’est une valeur en soi que de négocier les conditions de sa liberté.

Dans ce sens, le parti pirate est un parti d’amusement : Il s’accroche à ce caractère ludico-existentiel de la politique. La Politique n’est pas pour ses participants ce qu’une caste technocratique spécialisée est, mais quelque chose qui concerne tout, à laquelle tous devraient participer, à laquelle tous devraient pouvoir participer.

On reproche toujours à Hannah Arendt la vacuité de ses termes. La soit-disant vacuité du parti pirate résulte des côtés protestation et divertissement : le parti pirate voudrait transformer le cadre politique de telle manière qu’un style politique qui englobe et motive tout le monde devienne possible. La force du parti pirate est là où elle est une plateforme de négociation politique; sa manière ouverte et orientée vers la participation de faire de la politique la rend attractive pour diverses opinions politiques, et à cause de ce système il n’y a rien de tel qu’une « position pirate », sinon le fait d’en discuter et de la travailler en pirate. Un programme contentuel et idéologiquement cohérent pourrait même menacer le caractère « piratique » du parti.

Pour l’instant, dans la phase de parlementarisation du parti, se posent la question de l’avenir et de ses risques pour le parti : Sans mandat et vraie participation au pouvoir le parti discuterait sans garde-fou (encore un terme utilisé par Arendt). Mais comment est-ce que son intégration au pouvoir influencera le parti, quand il sera partie prenante de la machinerie politique et ne sera pas jugé sur les espoirs qu’il porte mais sur ses résultats ?

Billet traduit de Spaß und Protest de Felix Neumann sous CC-BY-SA.

Jasmin Maurer, tête de liste du Parti Pirate de la Sarre

7,4% et 4 députés pour le Parti Pirate allemand dans la Sarre

Le Parti Pirate allemand fait sa deuxième entrée dans un parlement régional en Allemagne. Dans la Sarre, le petit Land d’un million d’habitant coincé entre la Rhénanie-Palatinat, le Luxembourg et la France, les Pirates ont réussi à battre les libéraux et les verts et à s’imposer comme la quatrième force politique du Land avec 7,4% des suffrages et 4 députés sur 51.

Les Pirates se félicitent de leur mobilisation de la population, car selon un sondage mené pour la chaîne publique ZDF, plus de 20% des électeurs du Parti Pirate étaient auparavant absentionnistes. 15% viennent d’anciens électeurs de la CDU (droite), du SPD (socio-démocrates) ou de Die Linke (extrême-gauche). Le grand perdant de la soirée est le parti libéral, l’équivalent du Nouveau Centre français, qui termine avec moins de 2% des voix, phagocyté par sa coalition avec la CDU.

Selon le même sondage, deux tiers des interrogés les voient s’implanter sur le long terme dans la politique du Land. C’est aussi l’avis général des journaux allemands, comme le Stern, qui déclare un peu lyriquement : «

La classe politique peut relire la nouvelle autant qu’elle le veut : Les Pirates sont arrivés pour rester. L’esprit du temps est un pirate, qui va sûrement jouer aussi un rôle dans les élections à venir au Schleswig-Holstein et en Rhénanie du Nord-Westphalie. […] Ce serait une grave erreur de confondre de réduire l’écho sociétal que les pirates trouvent avec leurs idées aux seuls boutonneux blafards. […] Il naît toujours quelque chose de neuf de la colère, des protestations. Il est donc tout à fait possible que les succès parlementaires des pirates leur permettent de s’implanter durablement, plus rapidement qu’en leur temps les verts et malgré les particularités de beaucoup de leurs candidats. Si la classe politique ne s’empare pas de leur idéal de liberté au plus vite, il est possible qu’ils entrent au Bundestag (le parlement national) en 2013 ».

Les profils que le Parti Pirate de la Sarre a envoyé au Parlement prouvent que ce n’est pas qu’un parti de boutonneux (mais peut-être bien de pâlots). Ont été délégués une joueuse de taekwondo qui se forme à la vente de systèmes informatiques, un administrateur réseau, un administrateur système et un développeur SAP.

Résultats des élections régionales dans la Sarre

Résultats des élections régionales dans la Sarre


N’hésitez pas à aller voir sur le diaporama du Spiegel des images de la campagne et des réactions des membres du parti ce soir. Vous y verrez surtout des jeunes entre 16 et 30 ans. Dans la Sarre, 25% des primo-votants ont votés pour les pirates, et malgré que les candidats, souvent jeunes eux aussi, soient souvent désignés comme amateurs et mal-préparés, les pirates n’ont pas trop souffert de cette image de produit non-fini, puisque 25% des votants pensent que le vote pirate est un choix valable.

Le parti pirate de la Sarre en congrès pour préparer les élections.

Le parti pirate de la Sarre en congrès pour préparer les élections


Les slogans sur la photo montrent une partie du programme du parti. De gauche à droite : 
  • Avec le cœur et l’intelligence collective, La Sarre: 1,04 millions d’experts
  • Des buts d’apprentissage plutôt que des plans d’apprentissage
  • Les familles ont de multiples visages
  • Anna, 16 ans, aimerait bien voter

Outre leur engagement en faveur de la « transparence, de la participation citoyenne et du paritarisme », selon Jasmin Maurer (23 ans, en vignette), tête de liste et secrétaire générale du Parti Pirate de la Sarre, le parti avait aussi fait des propositions concrètes sur les enjeux locaux, en s’engageant en faveur de l’intensification des lignes de train vers la France et le Luxembourg, de la suppression des frais d’inscription à l’université et de la réduction de la dette du Land par des économies drastiques de 60 à 80 millions par an, ce qui était leur « principale priorité ».

Embouchure de la Canche

Où trouver le Politique sur Internet ?

Thomas Krüger est né en 1959. Il a fait des études d’art plastique et de théologie, et était serrurier sous les communistes. À l’époque de la chute du mur il s’est engagé dans les sociaux-démocrates en ex-RDA et a été secrétaire général du SPD de Berlin avant d’être aujourd’hui député du Mecklenburg-Vorpommern et secrétaire générale du parti dans ce Land. Dans cet article, il défend qu’Internet demande une nouvelle conception de la politique et loue les initiatives du Parti Pirate en ce sens, tout en n’oubliant pas que les problèmes ataviques de la politique ne sont pas résolu par des moyens techniques. D’où la question : Où trouver le Politique, celui qui prend les décisions, sur Internet ?

« Manifestations Facebook », « mouvements Twitter », « révolutions par texto » ou « soulèvements blackberry » : les médias citoyens jouent aujourd’hui un rôle central dans les mouvements protestataires, que ce soit à Téhéran, au Caire, à Stuttgart, à Londres ou à New-York. Il existe deux hypothèses très appréciées pour rendre compte des mutations dans les différentes parties de la société que le numérique entraînent. Soit que quelque chose de tout nouveau est arrivé et que ça remplacera l’ancien, soit que l’ancien est complété par quelque chose de neuf. Les deux hypothèses sont fausses.

Dans la mutation du numérique, l’existant n’est ni remplacé ni étoffé. Le nouveau change l’existant. Nous disposons aujourd’hui en Allemagne d’institutions établies et de procédures que nous pouvons interpréter comme le signe d’une démocratie stable. D’un autre côté les signes des carences de ces procédures politiques sautent aux yeux. La participation grâce à Internet ne réussit en Allemagne, quand ça arrive, que selon les vieux schèmes : L’État sollicite, les citoyen(ne)s ont le droit de participer. La société civile actuelle est cependant déjà plus avancée.

Embouchure de la Canche

Embouchure de la Canche


Avec la communauté du Netz, la politique se voit confrontée à un groupe d’humains qui sait excellemment jouer la partition des communications publiques 2.0. Ses acteurs s’y connaissent en participation 2.0, c’est-à-dire en mode d’organisation où la participation ne vient pas d’en haut mais est initiée par les citoyen(ne)s. La démocratie représentative devient une démocratie participative, qui n’éjecte pas les représentants, mais les change. Le Parti Pirate, qui expérimente déjà de nouvelles formes de prise de décision qui circulent sous le terme Participation 3.0, a été envoyé pour son programme par les électeurs et électrices berlinois(es) directement au parlement de Berlin. Sous les termes de « réaction liquide », « délégation de vote » et « démocratie liquide », on essaye des protocoles à mi-chemin entre la démocratie représentative et celle directe. Le vote périodique est remplacé par un dialogue continuel et public. Chacun doit pouvoir participer avec souplesse aux décisions et organiser une majorité.

Les démocraties directes et représentatives se jettent (comme des rivières dans la mer, d’où le « liquide ») l’une dans l’autre. Le principe n’est pas nouveau, mais simplement une version numérisée de la vieille idée de la démocratie par la base. Le peuple se donne immédiatement ses propres règles à lui-même, dans la droite ligne de la compréhension rousseauiste de la démocratie. La formation politique doit activement rencontrer la culture changeante de l’utilisation des médias. La BPB (NdT : le journal qui a publié l’article) est active sur Facebook et Twitter pour aller au contact des gens et pour qu’ils jouent un rôle pour elle. De même que Bertold Brecht clamait avec sa théorie de la radio il y a plus de 80 ans : « L’auditeur doit devenir partie intégrante du jeu », nous clamons : 

« Les citoyens et citoyennes doivent avoir voir au chapitre et participer ! »

Une société éclairée et démocratique ne peut cependant pas se laisser guider par la technique. Là aussi, où la dictature des « Bien réseautés » menace à la place de l’égalité, de la transparence et de la diversité des opinions, les contenus doivent être disponibles pour tous, dans les espaces publiques des médias de masse et du monde numérique. Les institutions de droit public ont l’obligation de rendre la société médiatiquement compétente grâce à leur offre, de produire une société civile qui remodèle la démocratie analogique comme numérique. Jusqu’ici les sceptiques pouvaient mettre en avant des contre-arguments pratico-logistiques importants, maintenant la question se pose de savoir si c’est ce que nous voulons vraiment ou pas. Où est le nuage non-commercial allemand, européen ou mondial de la politique, de la formation et de la culture ? Qui le construit ? Et pourquoi certains n’en font pas partie ?

Vous pouvez aller lire l’article original en allemand.

Z. Hd. von Diskurs.radio.de : Den Artikel habe ich nicht gewinnorientiert übersetzt, nur für die Information von den französich-sprechenden Lesern. Aber wenn Sie diesen Zettel löschen möchten, bitte schreiben Sie kurz eine Mail an netz[@]sploing.fr oder einen Kommentar hier unten.

Un jaguar en embuscade

Internet et l’opinion personnelle de chacun

Stefan Schulz, doctorant en sociologie allemand qui publie de temps en temps dans des journaux nationaux, et tient avec d’autres étudiants en sociologie le blog Sozialtheoristen, explique dans cet article qu’imaginer qu’Internet aurait pu devenir ou puisse devenir un lieu de débats entre individus est une vue de l’esprit. « L’Internet des opinions personnelles » est bien plutôt un capharnaüm où chacun parle sans écouter son voisin. Démonstration.

Nous y voilà. L’Internet des opinions personnelles ne m’amuse plus. Il n’y a pas si longtemps, j’avais installé le bouton de twittage, avec lequel chacun pouvait twitter directement mes textes. Je m’étais même décidé un peu plus tard à prendre le bouton qui montre les tweets précédents. Mais ça ne m’amuse pas.

Pas parce que je me suis senti insulté mais parce que cette manière de proférer des jugements de valeur sortis de leur contexte tout en étant personnalisés est devenu entre-temps un passage structurel marquant l’internet des opinions personnelles, auquel il manque de plus en plus un pendant constructif. C’est que la contradiction en 140 signes choit à cause de sa légèreté, vu que presque personne ne prend le temps ou la peine de s’offrir un avis contradictoire et constructif alors qu’il est quand même entendu que cet avis est indispensable.

Felix Schwenzel avait déjà compris il y a un moment pourquoi Internet, c’est de la merde. Parce que le monde est déjà de la merde. Il y a cependant plus que ça à dire. Internet est de temps à autre remarquable, parce qu’il n’est pas comme le monde et qu’il ne tient pas ses propres promesses d’un monde meilleur.

Internet a réveillé de grandes attentes entre 2004 et 2006, au moment où WordPress et Twitter sont nés, et ne les a jamais réalisées jusqu’à maintenant. À la place nous avons un Facebook surpuissant comme nouvelle télévision, où on se laisse matraquer à coup de « J’aime » et de « Partager » qui sont présentés par une logique algorithmique inconnue à la place de la logique sociale et se laissent repartager à l’aveugle. La promesse était d’amener la sémantique sociale dans Internet, le résultat est bien plutôt la toute-puissance de la syntaxe.

Un jaguar en embuscade

Un jaguar en embuscade

Je ne pense pas à tout Internet, mais au morceau qui était réservé à la communication privée. Ce morceau, dans lequel on devait discuter de politique, proférer des jugements moraux et publier ce qui nous plaît esthétiquement seulement parce que c’est techniquement possible. Ce morceau, qui ignore toutes les barrières de communication, surtout celles de l’espace et du temps. Ce morceau qui, comme on le sait aujourd’hui, n’existe pas, et auquel ont même renoncé les blogs sur les foutaises de la vie quotidienne (même ça migre tout doucement vers Facebook).

Thomas Knüwer peut bien carburer à l’euphorie, Marius Sixtus interviewer des influenceurs, et Peter Kruse charger des débats neuropsychosophiquement émoustillants sur Youtube : Il est temps d’en venir à l’essentiel : Le Parti Pirate ne sort toujours pas de l’écurie et les partis établis n’ont jamais du lui contester ce point. La volonté de vivre quitte Carta.info, cette feuilletonesque expérimentation sur lui-même tenue par Internet. Les bitcoins iront à peine au delà du stade de l’idée audacieuse. La politique Internet, le journalisme Internet, l’économie Internet, ça reste au stade de l’idée.

Cependant tout cela n’est intéressant qu’à la marge. La question qui me préoccupe surtout, c’est celle de savoir pourquoi l’internet des opinions personnelles a si lamentablement échoué. Et mon opinion est que c’est parce que les débats sont trop facilement sans réflexion, ineffectifs et subjectifs.

On peut ainsi facilement remarquer que les discussions intéressantes de niches sont torpillées par ceux qui ne daignent pas contribuer à la discussion, ne sont pas non plus prêts à s’adresser directement aux interlocuteurs, et cependant en parlent. Mais sans rester prosaïque et constructif, plutôt par des tweets à 1700 abonnés : regardez moi de quelle présomption ils font preuve.

À présent je veux résister à l’attractivité polémogénique (NdT: « résister à mon envie de polémiquer ») et demander humblement : Comment est-ce que c’est possible ? Quels préalables doit-on réunir pour coiffer un dialogue argumenté entre deux personnes d’un jugement de valeur négatif fatalement global à cause de sa brièveté et le carillonner à (potentiellement) 1700 personnes ?

La réponse doit être cherchée du côté que Sébastien a déjà montré. Dans la sociologie du conflit, car un tel comportement ne peut qu’aboutir au conflit, comme on va le voir. Essentiellement : les conflits ne sont pas des théâtres secondaires, mais ils se nourrissent de leur système hôte. Ils ne détruisent pas les adversaires, mais plutôt la socialité qui les réunissait : l’amitié, la collégialité professionnelle, la conscience politique, les inclinations spontanées. Les conflits prennent au dépourvu le sujet d’une discussion et généralisent jusqu’à ce qu’il ne reste que peu de recours aux participants : l’ignorance mutuelle si tout va mal, le harcèlement moral quand c’est pire, qu’on ne peut pas s’extirper du conflit.

Voilà la situation finale, au moins quand on n’arrive toujours pas à dépasser les conflits, alors que cela est possible grâce à diverses stratégies, qui ne se basent pas vraiment sur l’empathie comme on aurait pu le penser, mais plutôt sur des procédures qui font partie intégrante des mécaniques sociales.

  1. Dans l’interaction, grâce au tact, à la politesse, à l’attention et à la confiance : On s’oblige par sa propre présence à un comportement qui est aussi attendu de l’autre. Il s’agit d’une attente de réciprocité dans le comportement qui est toujours conservée (même sans réputation, pouvoir ou notabilité). Chaque parti évite de se compliquer la vie.
  2. Dans les organisations grâce à l’indication des buts, le respect des normes communicationnelles et les calendriers : on ne délègue pas n’importe comment et on ne doit pas se justifier de la division du travail, on met son comportement au service de l’autre pour continuer à faire partie de l’organisation et on s’identifie au but de l’organisation, même si c’est cognitivement pénible. On évite l’exclusion.
  3. Dans la société, grâce à l’utilisation de moyens de communications symboliquement généralisés : Au supermarché on ne discute pas de Dieu et du Monde mais on accepte un prix ou non. On ne remet pas en jeu les règles de la circulation routière, mais on accepte les amendes. On exaspère son médecin/professeur avec ses opinions personnelles, mais on se laisse prendre en charge/enseigner. On esquive les vœux irréalisés, la violence légitime et les troubles de santé/ son certificat d’inscription à l’ANPE.

Cette présentation est extrêmement raccourcie. Elle doit simplement illustrer quelles limites nous devons accepter tous les jours pour tolérer les conflits. Il est donc loisible soit de réfléchir lors d’une saute d’humeur à notre société sous l’optique de l’évitement des conflits soit de longuement parcourir la littérature avec cette arrière-pensée pour savoir tout ce que l’on peut en dire. Et alors de se demander : À quoi ressemblent ces mécanismes d’évitement des conflits dans les communications protégées par Internet ? Est-ce que ce sont les mêmes que ceux qui agissent dans le monde analogique, où nous sommes en face et dialoguons ?

De ce point de vue, Internet n’a plus les mêmes qualités que le monde, comme Felix Schwenzel le déclarait. Internet établit ses propres règles, qui n’ont pas beaucoup à voir avec celles de la communication analogique. Cette autre forme de communication exhibe ses propres formes de complexité et horizons d’attente. Seuls les enjeux sociaux sont clairs :

« On peut supposer que l’augmentation des possibilités de communication accroît en même temps les probabilités de conflit. […] Les médias écrits neutralisent la répression des conflits typique des systèmes interactifs. »
Luhmann, Soziale Systeme, p. 513

Cette citation date de 1984. Aujourd’hui il faudrait plutôt dire : Internet neutralise presque tous les mécanismes de répression des conflits. Puisque tout est possible, avant tout une chose est possible : contredire. Et il y a peu de raisons de l’éviter. Le tweet de Christoph Kappes est oublié dans les deux minutes qui suivent. Que la discussion à laquelle il faisait référence dure depuis de nombreux jours, ça peut bien lui être égal. Étiqueter en passant un de mes textes comme reflétant une pensée individualiste et arrogante lui sert aussi surtout à négligemment s’assouplir les doigts.

Des aras au Brésil

Des aras au Brésil

Tous discutent avec tous, et ça veut dire que personne ne discute vraiment avec quelqu’un. Aucun tribun ne se porterait personnellement garant d’un tel jugement de valeur négligent. Aucun destinataire ne s’imputera à lui-même un tel jugement, qui bien souvent n’est d’ailleurs destiné à personne. L’internet des opinions personnelles n’est qu’une gigantesque machine à négliger qui, si elle réalise quelques buts individuels, est cependant presque ineffective au niveau de la société.

Avant on avait encore des idéaux : Une fois que tous utiliseront leur accès à Internet, alors de nouveaux centres spécialisés se formeront. Les professeurs démystifieront la politique et leur sincérité fera plaisir aux électeurs. Les Lumières auto-organisées des consommateurs apprivoiseront la puissance financière de ceux qui nourrissent la planète. Ceux qui s’intéressent à l’esthétique trouveront leur propre niche, dans laquelle ils débusqueront les trucs qui les intéressent vraiment au-delà des productions grand-public.

Cela existe aujourd’hui à peine. On peut comparer cela au sort d’un bon voisinage qui s’arrête. Quand on ne se croise plus par hasard devant la maison, qu’on ne vit plus le même temps et que les enfants ne jouent plus sur la même aire de jeu, il reste une seule chose : des récits d’expériences individuelles, auxquels on répond par d’autres récits tout aussi individuels.

Quand tout est possible, il ne se passe rien, parce que rien n’est plus mortel pour la créativité que de ne lui donner aucune contrainte. La communication qui ne doit pas s’imposer le défi d’éviter les conflits ne mène nulle part, est absurde. C’est l’internet des opinions personnelles. Dire que c’est de la merde c’est déjà trop, parce qu’alors on pourrait au moins en débattre mais qu’on conclurait de nouveau qu’un tel débat n’a aucun sens.

Bien. Maintenant, pour que personne ne me mécomprenne : Internet est bien sûr formidable ! Wikipedia nous fournit un fourbi hautement intéressant (pour autant qu’en interne ça ait été permis). Youtube est une archive de la culture vivante unique en son genre. Facebook nous informe prudemment que les personnes qui nous sont chères vont bien, sans que nous devions sans cesse partir en reconnaissance pour le savoir. Twitter est par excellence une machine à bons mots créatrice de bonne humeur. Mais : l’Internet des opinions personnelles ne veut rien dire. Tout cela aide les individus mais ne réorganisera jamais la société de fond en comble : Il ne générera pas une meilleure politique, un meilleur journalisme, une science plus compréhensible ou une meilleure économie. Il lui manque tout le potentiel créateur et effectif de la société. Personne ne s’intéresse à ce que pensent des inconnus.

Pour lire l’article original en allemand sous CC-BY-NC-SA.