Un très grand merci à Étienne Loiseau pour avoir traduit ce texte.
La législation très restrictive d’aujourd’hui est un obstacle majeur pour les musiciens et cinématographes. Nous voulons changer la situation en introduisant des exceptions claires de droit au remix ou à la parodie, de même que de droits de citation pour les matériaux audiovisuels qui se calquent sur la législation existante pour les textes.
Dans sa description du documentaire « Copyright Criminals », la chaîne de télévision américaine PBS écrit:
Bien avant que les gens ne commencent à poster leurs propres vidéos de compilation sur la toile, les musiciens hip-hop perfectionnèrent l’art du montage audio grâce au sample . Le sample – ou riff – est aussi vieux que la musique elle-même, mais les nouvelles technologies développées dans les années 80 et 90 rendirent plus simple la réutilisation d’enregistrements audio existant. Des groupes comme Public Enemy, De La Soul et les Beastie Boys créèrent des jeux complexes de rythmes, références et d’enchevêtrement des originaux et de sons ad-hoc. Mais au début des années 1990, le sampling s’est heurté à la loi. Lorsque les avocats de l’industrie du disque s’en sont mêlés, ce qui était autrefois appelé « mélodie empruntée » devint une violation du droit d’auteur.
Copyright Criminals étudie la valeur créative et commerciale du sample, y compris les débats liés à propos de l’expression artistique, du droit d’auteur et de l’argent.
Le film présente plusieurs figures fondatrices de la musique hip-hop telles que Public Enemy, De La Soul et Digital Underground, mais aussi des artistes émergent comme les « remixeurs » audiovisuels Eclectic Method.
Il apporte aussi les premiers entretiens avec des artistes qui ont été samplés, tels que Clyde Stubblefield – le batteur de James Brown et le musicien le plus samplé du monde – ainsi qu’un commentaire d’un autre musicien grandement samplé, la légende funk George Clinton.
Les ordinateurs, les téléphones mobiles et autres technologies interactives sont en train de modifier notre relation avec les médias, rendant floue la limite entre producteur et consommateur et changeant radicalement la notion de créativité. Les artistes trouvant des façons plus inventives d’incorporer d’anciennes influences dans de nouvelles créations, Copyright Criminals pose la question: Peut on être propriétaire d’un son ?
Aujourd’hui, la réponse à cette dernière question est malheureusement oui. Les majors revendiquent la propriété sur des sons individuels et de très courts extraits. Si vous êtes un musicien hip-hop, attendez vous à payer des centaines de milliers d’euros par avance pour avoir le droit d’utiliser des samples si vous souhaitez toujours rendre votre musique accessible au public.
C’est clairement une restriction du droit de créer de nouvelles cultures.
Les réalisateurs et autres artistes, qui souhaitent créer de nouvelles oeuvres en réutilisant des parties d’oeuvres préexistantes, font face au même problème.
Nous souhaitons modifier cela en introduisant des exceptions et limitations afin de permettre le remix et les parodies, ainsi que le droit de citation pour le son et l’audiovisuel, calqué sur le droit de citation déjà existant pour le texte.
Ce billet fait partie d’une série de traductions de l’anglais des chapitres du livre de Christian Engström et Rickard Falkvinge sur la réforme du droit d’auteur que défend le Parti Pirate Suédois. Il s’agit ici du chapitre 6, qui détaille les propositions du chapitre deux. Un très grand merci à Étienne Loiseau pour avoir traduit en entier ce chapitre 6 !